Les peintres et artistes dans le Rhin supérieur (1450-1525)
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peintures à Constance et Rottweil dans les années 1450-1470
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¤ les maîtres de la Passion de Karlsruhe
¤ le Maître de l'autel de Feldbach
¤ Caspar Isenmann
¤ Martin Schoengauer (1450-1491)
(dont deux oeuves magnifiques sont au Paul Getty Museum de Los Angeles)
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Mattias Grünewald
puis, à la fin du XV°-début XVI°, vivaient
à Strasbourg et à Bâle:
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Hans Baldung Grien (1484/85 - 1545)
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Erasme de Rotterdam
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Hans Geiler von Kaysesberg
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Caspar Hedio
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Sebastian Brand
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le Maître IS à la pelle (Meister IS mit dem Staufel) Elsass
um 1515
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le Maître du Rhin Supérieur (Oberrheinischer Meister)
J'ai noté la présence au Metropolitan
Museum of Art à New York des oeuvres faites par
Nicolas
Gerhardt de Leyde lors de son séjour à Strasbourg en
1465
(il fut actif dans les années 1460-1479):
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le buste reliquaire de Ste Barbara
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le buste reliquaire de Ste Catherine d'Alexandrie
Ces oeuvres proviennent de l'église abbatiale bénédictine
St Pierre et Paul de Wissembourg et ont fait partie de la collection de
John
Pierpont Morgan.
Provenant de la même origine, le buste reliquaire de Ste Marguerite
se trouve au Art Institute de Chicago;
on signale l'existence d'un buste reliquaire de Ste Agnès qui
lui est perdu.
À Strasbourg, le
Musée de l'Oeuvre Notre-Dame
contient
deux oeuvres de Nicolas Gehaert de Leyde, lui-même:
- un buste d'homme accoudé (grès)
fait Strasbourg avant 1467
- une tête d'homme barbu au turban (grès)
provenant du portail de la Chancellerie
fait à Strasbourg avant 1463-1464
et deux oeuvres de l'atelier de Nicolas Gehaert de Leyde:
- une tête d'homme à paralysie faciale (grès)
Strasbourg vers 1470
- une tête d'homme (grès jaune) vers 1465
Bains et baigneurs à Strasbourg au Moyen Âge
Charles Wittmer
Il est entendu pour nous, bénéficiaires du confort moderne,
que les gens du Moyen Âge, se baignaient rarement ou pas du tout.
Idée bien erronnée puisqu'il ressort du plan de l'abbaye
de Saint-Gall de l'année 8201) que
les Bénédictins prévoient un bain et des lavabos pour
les moines, les étudiants, les malades et les domestiques. Saint
Benoit, qui rédigeait sa règle vers 515, recommanda à
ses fils de se baigner modérément parce que ses jeunes disciples
avaient tendance à abuser de l'eau.
Dans ce milieu d'ailleurs naquit l'idée que le bain à
la veille d'une fête aidait à parfaire la purification intérieure.
Dans le même ordre d'idées, nous voyons des pénitents
obligés à baigner des pauvres ou des pèlerins, d'autres,
privés de bains pour un certain temps.
La célèbre école médicale de Salerne, réputée
dans tout l'Occident par son «Regimen Salernitanum», prônait
dès le XII° siècle l'effet salutaire de l'eau et recommanda
particulièrement une cure balnéaire au mois de mai. Cette
prescription demeure actuelle pendant des siècles puisque nous lisons
dans un des multiples «Regimina sanitatis», imprimé
à Strasbourg en 1505:
«Arbeyten in dem Meyen, ist dis nit schad?
Lass dyn odern und mach ein lustig Bad!»
Quel dommage de travailler au mois de mai
Fais faire une saignée et fais une cure balnéaire.
Rappelons que le règlement sanitaire du chevalier prévoyait
un bain après une chevauchée ou après un tournoi.
Faute d'une baignoire il se servait d'un baquet. Et c'est seulement alors,
débarrassé de la poussière et de la sueur, qu'il pouvait
paraître devant les dames. Geiler de Kaysersberg parle même
du bain quotidien avant la messe2).
I. - Les bains
Les couvents et les châteaux n'étaient pas seuls à
s'occuper d'installations sanitaires mais les villes autorisèrent
également l'ouverture de ces établissements. Ainsi la plus
ancienne coutume de Strasbourg, du milieu du XII° siècle, charge
les tonneliers des bains de l'évêque, surtout quand l'empereur
et l'impératrice séjournent à Strasbourg (§113).
Or, ouvrir un établissement privé, aussi modeste fût-il,
fut un privilège seigneurial comme celui du four, du pressoir et
du moulin banal, d'où leur nombre restreint au XIII° siècle.
Le bain public s'appelle «stuba» ou «stupa»
ou «aestuarium» ce qui signifie étuve. Là on
prend surtout des bains de vapeur soit pour prévenir, soit pour
guérir des maladies. On produit cette vapeur en versant de l'eau
sur des pierres surchauffées. Le bain partiel se dit «Kübelbad»,
car il se fait à l'aide d'un cuveau ou d'un baquet.
Un phénomène curieux et en même temps caractéristique
est le fait que hommes et femmes se baignent ensemble. On y prend plaisir
et on prolonge facilement les séances. Pour passer le temps on y
mange, on y boit et on y joue. Ecoutons ce que dit Wimpheling de ces lieux,
où pauvre et riche, noble et roturier se côtoient sans distinction:
«c'est dans les tavernes et les étuves que les gens se réunissent;
ils sont assis buvant, mangeant, jouant, traitant de tout et voudraient
gouverner le monde...»3). Un autre
prédicateur contemporain se lamente: ils parlent hérétiquement
contre Dieu et l'Empereur! Malgré ces admonitions des bons vivants
restent fidèles à leur devise: «Aussig Wasser, innen
Wein, Lasst uns alle fröhlich sein!» et suivent l'adage: «Willst
du nicht trinken, so gehe zum Bade!»4).
À Bâle, la séparation des sexes fut ordonnée
dès 14315). Il est fort probable
que les Strasbourgeois aient pris une mesure analogue au même moment,
mais l'arrêté conservé dans nos archives date seulement
du début du XVI° siècle6).
Les autorités sont obligées à intervenir à
la suite de nombreux scandales provoqués notamment par des visiteurs
étrangers et des compagnons. Dorénavant cinq étuves
seront réservées aux hommes et trois aux femmes. Chaque établissement
doit indiquer visiblement la nouvelle distinction. Une série d'amendes
est prévue pour les contrevenants: quiconque donne accès
à l'autre sexe paie cinq livres deniers. On admet chez les femmes
un valet et un ventouseur exceptionnellement et à condition qu'ils
soient suffisamment vêtus! Les enfants aussi sont à surveiller
et paient, à partir de ce jour une taxe d'entrée : de trois
à huit ans, un helbeling et de huit à douze, un denier, tandis
que homme et femme paient deux pfennig par bain.
L'installation est dans l'ensemble assez rudimentaire. Dans la salle
commune on est assis sur un banc pour transpirer. La baignoire est une
cuve en bois, oblongue, cerclée, dont chaque extrémité
est munie d'une anse, ce qui facilite toute manipulation.
Notons après les établissements publics que des salles
de bains sont fréquentes dans les maisons particulières7).
Ainsi le maître de la douane Claus de Berse (Boersch) et le receveur
des rentes Heinrich Riff ont des salles de bains dans les logements qui
leur sont assignés par la ville. Et notre témoin Geiler de
Kaysersberg ne manque pas de faire allusion à ce luxe des bains
des particuliers dans un sermon8).
Nous connaissons aussi quelques bains hors les murs. D'abord celui
des Bonnes Gens ou des Lépreux, mais encore d'autres. Ainsi nos
parchemins mentionnent en 1408, 1420, 1427 «eine badstube mit sommerhus»
-aujourd'hui quai Finkmatt, 11- qui appartint en 1466 aux chevaliers Claus
et Marx; les baigneurs qui exercent là se nomment Simon Gessler
et Martin Sick. En outre le registre des communaux de 1466 nous signale,
l'étuve que Bernhart Wurmser possède devant la porte Sainte-Elisabeth9).
II. - Les baigneurs
L'homme ou la femme qui avait obtenu le privilège d'ouvrir une étuve,
devait se plier à certaines obligations: chauffer aux jours convenus,
disposer d'un certain nombre de valets, posséder le minimum de matériel
pour la bonne marche de l'établissement, maintenir l'ordre parmi
les clients et respecter les prix communément admis. Murner nous
rapporte que le baigneur annonce à son de trompe que le bain est
prêt.
Les Strasbourgeois attachaient à ce privilège une condition
indispensable. Il fallait que l'homme ou la femme fasse partie de la communauté.
Le règlement des baigneurs de 140010)
contient une seule exigence, c'est de jouir du droit de bourgeoisie et
de verser la taxe inhérente de deux livres deniers. L'homme doit
posséder en plus une armure; chaque fois qu'il est pris en délit
il paie une amende de cinq schillings. Un valet bourgeois peut acquérir
une étuve contre la taxe d'une livre deniers. Un fils de baigneur
verse cinq schillings, une fille une livre deniers tout comme un enfant
d'origine illégitime.
Le règlement strasbourgeois du début du XVI° siècle
cité plus haut, qui repose sans doute sur des arrêtés
antérieurs, spécifie que le maître-baigneur doit mettre
des ventouses et surveiller la bonne conduite des clients et de ses aides.
Les derniers doivent apporter l'eau, préparer et entretenir le feu,
nettoyer les baignoires et tous les compartiments de l'étuve. Grâce
à Geiler de Kaysersberg nous savons d'où viennent quelquefois
ces valets: dans un sermon de 1498 il parle des étudiants qui n'ont
pas réussi à obtenir le diplôme rêvé,
qui rôdent dans le pays, qui se font troubadours ou préparateurs
de thériaque ou précisément baigneurs.
Les gens du Moyen Âge croyaient surtout que le but thérapeutique
du bain était celui de rendre le sang moins épais, afin de
diminuer la tension. Voilà pourquoi en 1559 encore, le médecin
strasbourgeois H. Ryff recommande de compléter l'action des ventouses
en prenant une nourriture légère. À l'origine les
baigneurs pratiquaient aussi la saignée qui devint plus tard le
privilège des scherer (chirurgiens). Lisons dans un de nos
beaux Tristan et Yseut de Gotfried de Strasbourg, rédigé
entre 1205 et 1210, ce que pensent les contemporains des bienfaits de la
saignée11). Le calendrier qui indiquait
les jours propices à la saignée (Lassbüchlein ou
Lasstafel) était très répandu en Occident et fut
imprimé en grandes quantités par les imprimeurs strasbourgeois.
N'oublions pas que dans le célèbre codex Guta-Sintram,
rédigé autour de 1154, figure le résumé des
règles de santé en tête du chaque mois. L'opportunité
de la saignée était en fonction directe avec la constellation
lunaire.
Intimement lié au bain était le lavage de la tête
et la coupe des cheveux parce qu'il est plus agréable de se faire
tondre quand les cheveux sont mouillés que secs, de même de
se faire raser12). Mais la toilette complète
se faisait non pas dans la salle commune mais dans un réduit à
côté de l'étuve. Comme les baigneurs aiguisaient eux-même
les ciseaux et les rasoirs ils furent incorporés à Bâle
avec les forgerons13). À Strasbourg
on supprime huit corporations entre 1462-1482 dont celle des baigneurs
et des barbiers; ils vont siéger dorénavant avec les marchands
de grain à la Lanterne. C'est seulement en 1789, que nous retrouvons
les baigneurs strasbourgeois à la corporation des forgerons.
Un règlement rédigé vers 150014)
arrête après la délibération du Maître,
du Sénat et des XXI, que les baigneurs s'organisent avec les barbiers.
Si un baigneur ou un valet exerce son métier sans en avoir le droit,
il paie une amende de dix-huit deniers par an. Si un homme ou une femme
(hüterin on ryberin) ne connaît pas le métier
et exerce quand même, le patron paie six pfennigs d'amende. II y
a un seul jour au courant du l'année où les valets sont autorisés
à monter au Poêle des baigneurs, le dimanche de la Trinité
parce que les chefs d'établissements engagent leur personnel.
III. - Les raffinements du bain
De bonne heure il y eut non seulement les raffinements gastronomiques qui
égayaient les clients mais encore les mélanges d'arômes
qu'on réalisait pour des raisons de santé et de goût.
On ajoute également à l'eau des ingrédients de
toute sorte, par exemple de la potasse (lauge) ou des herbes ou
plantes odorantes soit pour augmenter la valeur curative ou simplement
pour aromatiser le bain de l'étuve. Ainsi nous trouvons des feuilles
de rose, de lavande, de sauge et autres. Pour des raisons uniquement thérapeutiques
on se sert du Kräuterbad, du Ölbad (bain d'huile)
afin de fortifier le corps à la façon des anciens (Homère).
Geiler de Kaysersberg, le moraliste, ne peut s'empêcher de blâmer
les abus des eaux de toilette, des onguents et des savons15).
Nous savons très bien que, après s'être déshabillé,
on se rendait à la chambre chaude pour subir un traitement assez
virulent, qui est plus calme aujourd'hui après la transpiration
au hammam; au Moyen Âge, le baigneur ou son valet frotte et fouette
le client avec des branches pour activer la circulation du sang et la deuxième
sudation. Ensuite on l'arrose avec de l'eau chaude et froide en alternant.
Dans un livre fort curieux de Brunschwig16),
nous trouvons une recette pour les soins de la peau: l'eau de blancs d'oeufs
donne un teint clair, elle blanchit même les mains; l'eau de jaunes
d'oeufs enlève les taches de rousseur; l'eau de fenouil donne de
belles couleurs. Dans un autre traité, Liber pestilentialis,
p. 15, le même auteur recommande une friction avec l'eau de potasse,
bonifiée de romarin, de laurier ou de racines variées.
Les soins de beauté occupent sans conteste la partie la plus
importante des séances balnéaires, mais le massage, la pose
des ventouses et la saignée restent les raisons les plus sérieuses
du métier de baigneur. À l'origine, le maître-baigneur
coupait les cheveux et rasait les hommes, mais quand la division du travail
se fit sentir, il y eut quelquefois des rivalités entre baigneurs
et barbiers jusqu'au jour où l'on fit deux professions distinctes.
Les moments les plus agréables de la cure furent le repos. Après
avoir pris une douche froide on mettait le peignoir et on allait s'étendre
sur un lit. Le Franciscain Thomas Murner nous fournit beaucoup de détails
sur la vie balnéaire dans son traité célèbre.
Eine
andechtig geistliche Badenfahrt, qui parut à Strasbourg chez
Jean Grüninger en 1514. Il décrit dans cette poésie
allégorique la transpiration à sec, puis le bain aux plantes
et à l'huile, enfin le Wildbad, bain à eau naturelle
tiède (aujourd'hui à 34° environ), et même un bain
sanglant pour guérir la lèpre. Murner insiste sur l'usage
courant de l'huile de lavande et ses effets curatifs.
Or, la transpiration, sous toutes ses formes, provoque la soif et celle-ci
entraîne la faim. Quoique quelques sages fulminassent contre la collation
au bain, les festins augmentaient. On invitait ses amis au bain, on y fêtait
même les noces et pour agrémenter le séjour on fit
venir des musiciens et on dansait. Rien d'étonnant que Wimpheling
se plaigne des excès balnéaires, que Geiler de Kaysersberg
avait répréhendés dans le sermon du deuxième
dimanche après l'Épiphanie, disant que les chrétiens
ressemblent aux juifs, qui se lavent avant chaque acte religieux. Le bain
fut interdit au chrétiens le vendredi, de sorte qu'on accordait
accès aux juifs. Mais ils eurent dès le XIII° siècle
un bain pour hommes et un bain pour femmes à côté de
la synagogue, rue des Juifs, 15 à 19.
Cependant, les critiques, même sévères et parfois
justifiées, ne peuvent entamer la valeur du bain comme acte de charité.
Très tôt, des chrétiens instituèrent des Seelbäder
(balnea animarum) pour les pauvres, c'est-à-dire pour le repos de
l'âme d'un défunt, qui furent en même temps un Seelbad
pour le fondateur. Mais on légua de l'argent aux couvents et aux
hôpitaux pour qu'ils donnassent des bains gratuits aux nécessiteux.
Quelques personnes dévouées préparaient ce bain et
aidaient les pauvres malades à le prendre. Dès le XIII°
siècle, plusieurs villes disposent de bains gratuits pour les indigents.
Dans certaines paroisses le curé annonce de temps en temps du haut
de la chaire ces oeuvres pies. Il arrive fréquemment que des évêques,
des princes, des nobles et des patriciens mettent de l'argent à
la disposition des clercs pour exercer cette forme de la charité.
Rien de plus naturel que d'offrir au pauvre, quand il sort du bain, un
repas frugal et une boisson.
IV. - La réputation des baigneurs
Elle n'est pas des meilleures. La fonction de chauffeur dans le sens stricte
du mot est considérée comme une activité presque déshonorante.
Les baigneurs et les musiciens ne comptent pas parmi les professions honorables.
Par exemple, les veilleurs de la cathédrale peuvent exercer -quand
ils ne sont pas de service- un autre métier, sauf celui de baigneur,
considéré incompatible avec la dignité d'un fonctionnaire
de la République17). Rappelons ici
que l'empereur Wenceslas l'Ivrogne se fait représenter, dans une bible manuscrite,
assis dans le bain et servi par une belle fille. La légende lui
donne simplement le nom de Susanne et justifie sa place: à Prague,
elle a sauvé le roi de la captivité!
Les rivalités entre baigneurs et barbiers, dont nous avons fait
mention plus haut, n'ont nullement contribué à relever le
prestige des premiers. Les seconds se spécialisent à la longue
surtout en tonsure des clercs. Et, pour marquer leur importance, ils s'organisent
en corporation dès le XV° siècle. Dès qu'ils ont
une certaine influence dans la vie artisanale, ils priment les baigneurs:
ils les privent du droit de couper les cheveux (réservé aux
barbiers) et de pratiquer la saignée réservée aux
chirurgiens.
Et pourtant, il y a une raison sociale qui mettait parfois les baigneurs
en bonne place. Dans notre ville, du XII° au XIII° siècles
et encore plus tard, les incendies sont relativement fréquents et
très souvent catastrophiques. À ce moment-là, les
bourgeois sont trop heureux si les baigneurs prêtent leur concours,
leurs seaux et leurs cuves pour maîtriser le feu. Pour parachever
le tableau, signalons l'unique honneur qu'on fait aux baigneurs: dans le
jeu des Mystères ou leur permet de représenter Adam ou Eve.
V. - La confrérie
Nous sommes surpris que les monographies de la vie balnéaire au
Moyen Age ne parlent point des confréries de baigneurs. Ni Alfred
Martin, ni Paul Negrier18), ni Theodor
Michel19) , ni Otto Neeracher20),
ne font mention d'une confrérie.
Cependant, la vie religieuse, qui battait son plein à Strasbourg
au XIII° siècle, connaît plusieurs confréries d'artisans:
celle des forgerons à Sainte-Barbe en honneur de saint Eloi, celle
des serruriers, celle des éperonniers, celle des bateliers à
Saint-Guillaume, celle des charpentiers aux Franciscains en l'honneur de
sainte Anne, celle des aveugles, celle des ménétriers aux
Carmes (aujourd'hui Saint-Louis), celle des malades, celle des mendiants
à Saint-André à partir de 1411, celle des valets de
métier et enfin celle des baigneurs21).
Les membres de cette association s'engagent eu premier lieu à
contribuer à la vie religieuse des frères et soeurs. Ils
tiennent en second lieu, à aider leurs semblables dans les difficultés
de la vie et veillent à un enterrement digne du confrère.
Sans être liés par des voeux, ils font le possible pour
honorer le saint patron, participent aux processions, promettent de respecter
le dimanche et les fêtes officielles, de ne pas jurer sans nécessité,
de ne pas proférer de, blasphèmes, de ne pas jouer contrairement
au règlement, de ne pas boire outre mesure ni de se quereller.
Nous ignorons la date de fondation de la corporation des baigneurs
qui fonctionnait en l'honneur du Saint Sauveur et de sa Sainte Mère
à l'Hôpital («Hospitale maius») . Nous
ne connaissons qu'un règlement tardif de 1400 qui repose sur des
statuts antérieurs. L'organisation du 22 septembre 1487 renouvelle
tout simplement la tradition ancrée dans les esprits22).
Les baigneurs arrêtèrent d'élire deux fois par
an, à la St-Etienne et à la St-Jean, un maître qui
sera assisté du maître sortant. L'argent donné par
les membres ou des donateurs sera déposé dans un tronc, une
cassette dont l'ancien maître tient les clefs. En plus, on désigne
un valet (Büchsenknecht) qui collecte les cotisations et remet
la caissette tous les soirs au maître régnant. Aux Quatre-Temps,
il rappelle aux frères et aux soeurs qu'ils ont à payer leur
cotisation. Il touche deux schillings pour cette peine.
Le maître est assisté de quatre membres jurés qui
exercent leur fonction à deux par semestre: ils s'occupent surtout
des cierges pour les offices des Quatre-Temps, des processions et des enterrements.
Les retardataires des cotisations paient une amende d'un demi quart de
cire et ceux qui n'assistent pas aux messes communes versent un quart de
cire. Si jamais un baigneur engageait un valet ou une femme de mauvaise
réputation, il doit une livre de cire. Quand un domestique de l'étuve
tombe malade, le patron lui doit le demi salaire pendant huit jours. Si
une bonne accouche, le propriétaire lui doit la demie paye pendant
huit jours et pendant six semaines elle est exempte de cotisation à
la confrérie.
Quiconque apprend qu'un confrère est malade, en avertit le chef
de maison et fait son possible pour que le malade se confesse et communie.
Si jamais un membre de l'association a la langue trop bien pendue et
ne garde pas un secret, il est passible d'une amende d'un demi quart de
cire. Quiconque injurie un confrère en réunion est redevable
d'un quart de cire, et celui qui jure sans nécessité aucune
doit un demi quart de cire. Celui qui boit démesurément fournit
un quart de cire en réparation, mais celui qui joue ou prête
ses cartes ou ses dés, dépose une livre de cire à
la sacristie. Quand le maître ordonne un travail en commun, chaque
défaillant sans raison valable, répare son abstention par
un quart de cire. Plus fort: celui qui convoite les biens d'un frère
ou d'une soeur doit -après constatation- une demie livre de cire
à l'autel et quatre deniers au valet-encaisseur; celui qui convoite
les biens du maître ou d'un des quatre jurés doit un quart
de cire et deux deniers au valet.
Pour faire partie de la confrérie, il faut une recommandation
de quelqu'un qui connaît le demandeur ou la demanderesse, puis celui-ci
doit joindre à la demande d'admission un demi quart de vin (pour
la messe ou la corporation ?) et payer chaque semaine un helbeling.
En cas de dissolution de la confrérie, la fortune échoue
à ]'administration de l'hôpital majeur.
Malgré les pèlerinages, la persécution
des juifs, des épidémies ravagent de temps en temps les agglomérations
occidentales, surtout les villes étroites, ainsi les autorités
recommandent-elles aux gens d'éviter des attroupements soit aux
auberges et même aux bains.
Koenigshoven nous relate qu'une épidémie sévit
pendant le Carême de 1403 qui touchait une personne sur dix; en 1414,
la même maladie réapparut; en 1417 une épidémie
foudroyante frappe toutes les classes de la société et Specklin
nous rapporte pour 1424: il mourut tant de gens que la cloche du Saint-Esprit
(Hospice du Saint-Esprit dans la ruelle du Saint-Esprit) fut brisée23)
. Wencker signale «un grand mourir» en 1426 qui fit 15000 victimes,
surtout parmi les jeunes gens 24). Rappelons
aussi que la lèpre, un des grands fléaux du Moyen Age, existe
à l'état endémique partout. À cause du danger
de contagion, le Magistrat de Strasbourg impose aux médecins, barbiers
et baigneurs le serment de signaler sans tarder aux quatre inspecteurs,
chargés de constater le terrible mal, toute personne soupçonnée
d'en être atteinte.
Mais il y avait une autre raison qui éprouvait la carrière
de baigneur: l'apparition de la syphilis vers 1495 qui enrayait sérieusement
la vie balnéaire25). La peur de
la contagion du «mal des Français» éloignait
la plupart des clients des établissements publics et privés.
Nous trouvons un seul témoignage littéraire mais fort probant
d'Erasme de Rotterdam dans son Colloquium familiae qui fut publié
en 152426).
Enfin, les sommités médicales des Facultés célèbres
proclament de plus en plus l'influence salutaire des sources naturelles,
infiniment supérieures à celles des bains traditionnels.
D'ailleurs une raison purement matérielle ronge l'existence
du baigneur: les prix du bois augmentent sensiblement au courant du XV°
siècle ce qui entraîne une augmentation plus que sensible
des frais généraux. À défaut de témoignage
strasbourgeois reportons-nous au diocèse limitrophe de Spire où
l'archevêque se plaint de la forte consommation de bois dans les
étuves, qui dévaste ses forêts27)!
Les archives de notre ville ne contiennent pas un fonds ou une section
consacré aux bains. C'est en glanant dans les manuscrits, les chroniques
et les ouvrages traitant l'histoire de Strasbourg ou du bain en général
que nous avons relevé tout ce qui concerne ces établissements.
Nous en donnons la liste par ordre alphabétique.
Les bains strasbourgeois
l. - Dintenhörlin
(cornet à écrire) - Rue de l'Arc-en-ciel, 9
Un acte de vente du 13 novembre 1302 mentionne cet établissement
pour la première fois: ad estuarium Sickelini28).
Les Sickelin sont une vieille famille strasbourgeoise et propriétaires
de plusieurs maisons et cours dans la ville29).
Seyhoth qui mentionne cette étuve pour les années 1311, 1418,
1511 et 1587 rapproche le mot Dinte du célèbre Grüsel-Horn
que le gardien de la tour de la cathédrale devait sonner30).
Le livre des communaux désigne en 1466 le seigneur Henri de Landsperg
comme propriétaire. En 1580 la dénomination de ruelle Saint-Antoine
est changée en Dintenhörnlingesselin. Une charte du
9 août 1347 signale une boulangerie située près de
l'étuve31). Un acte de naissance
du 26 juillet 1531 nomme un certain Conrad, baigneur «zum Tintenhörnlin»32).
Seyboth dans l'édition française de sa topographie admet
la traduction donnée en titre parallèlement à celle
de cor de signal et ajoute: «En 1548 le fonds comportait une chaudière
murée, huit lits de repos avec leurs draps, couvertures et oreillers,
et un certain nombre de peignoirs, de bonnets et de serviettes»33).
2. - Drusenbad
Rue de la Lie, 4
Une vente de vente du 24 octobre 1390 signale une maison qui touche
die badestube in Truosengasse34)
et une location en emphytéose du 4 avril 1394 situe les mêmes
maisons35). Une inscription dans le livre
des communaux de 1466 relate que Veltin Wurmser dispose de marches de quatre
pieds de large et d'un pied en avant et il doit une redevance de un schilling36).
Le baigneur dans cette étuve en 1556 est Ambrosi37)
et en 1587 Gregorius Huber38). La porte
d'entrée rappelait les années 1604 et 1610. Le baigneur Niclaus
Grieninger vend l'établissement à Philipp Engelhardt, harpiste,
qui réservait ce bain seulement aux femmes. Seyboth suppose dans
l'édition française de son ouvrage que cette restriction
ait été faite avant cette date. Vers 1630 le peintre-verrier
Laurent Linck, qui exécuta entre autres les célèbres
vitraux de l'ancienne Chartreuse à Molsheim, était propriétaire
du Drusenbad39). Les Affiches
de Strasbourg de 1790, n° 20 et 28, annoncent l'ouverture de ce
bain et «on y sera servi avec célérité et propreté».
3. - zu dem Eber
Quai Saint-Nicolas. 24
Un échange de biens du 9 décembre 1298 entre le Chapitre
de Saint-Pierre et le Couvent de Saint-Claire de Haguenau énumère
entre autre l'étuve zu dem Eber40).
Une vente de rente du 16 janvier 1341 nous dit que quatre maisons contiguës
portaient la même désignation zu dem Eber41).
Une nouvelle vente du 12 février 1344 précise que le bain
est situé au-delà de la Bruche et touche à une boulangerie42).
Lors d'une fondation d'un anniversaire, le 26 avril 1349, Husa, fille
de feu Burckart Twinger, lègue au couvent Sainte-Elisabeth ses revenus
de la moitié de l'étuve à savoir quatre livres deniers43).
Elsa, fille de Burcard Hesse et femme de Jean de Hochfelden vend à
Jean Blumenau des revenus annuels de quinze sols qu'elle possédait
des quatre maisons zu dem Eber à côté de l'étuve
du même nom, le 30 mars 135744).
Un peu plus tard, le 24 janvier 1360, nous lisons dans un contrat de mariage
que les revenus des quatre maisons précitées bei der Schintbrücke
et à côté de l'étuve au Sanglier45).
Le 20 septembre 1371 Henselin, fils de feu Petermann Rebestock, vend à
Jean Schilt, écuyer, des revenus annuels des mêmes maisons
sises près dudit bain46). Grâce
à Seyboth nous savons que Henselin Bader était baigneur en
1384 et qu'en 1418, le mercredi avant Pentecôte (11 mai), les quatre
maisons entre l'auberge au Gertenfisch, maison du coin, et l'étuve
au Sanglier furent la proie des flammes47).
Le livre des communaux de 1466 mentionne le forgeron Jean de Truchtersheim
à l'étuve et une source non précisée par Seyboth
le confirme encore en 1492. En 1528 le même auteur signale deux nouvelles
maisons au Sanglier48).
4. - Glanzhof
Rue du Bain-aux-Plantes, 22
La mention la plus ancienne, en 1341, est fournie par Seyboth sans
indication de source49), tandis que celle
de 1344 se trouve dans une vente de vente du 16 octobre50).
Des documents ultérieurs de 1409 et de 1470 fournissent une contribution
à l'hygiène médiéval: il y a là un cabinet
et un lavoir sur l'eau. En 1427 le baigneur est cité sans son nom,
tandis qu'en 1440 l'aestuarium appartient à Barbara de Heiligenstein.
En 1466 on inscrit étuve de Hans Erlin et du chevalier Bernbart
Bock. En 1587 c'est Wilhelm Abel qui exerce la fonction de baigneur. Seyboth
voyait encore le millésime de 1677 sur le linteau de la porte d'entrée51).
A la fin du XVII°siècle on transforma l'installation en tannerie52).
Le livre des communaux précise les mesures (f. 209) et les dépendances
(f. 211 verso ).
5. - zum Grien ou Stubenweg
Rue d'Or, 21
Lors d'un arrangement d'héritage du 17 mars 1291 il est question
pour la première fois de la cour du chevalier Erbo Stubenweg qui
se trouvait à l'emplacement actuel de l'ENA
et seulement dans un testament du 16 mai 1319 on situe l'étuve
dite Stubenweg in deme giessen53),
qui réapparaît dans Seyboth pour l'année 134754).
La dénomination zu dem Grienen apparaît pour la première
fois dans une fondation d'un anniversaire du 23 janvier 1302 et dans une
donation du 24 mars 132955); c'est seulement
dans une vente du 11 janvier 1360 que paraît une étuve de
ce nom56). Reinbold Stubenweg, chevalier,
loue au prêtre Jean de Pfettisheim une maison et une cour séparées
de l'étuve par un mur le 24 juillet 136157)
et le 11 juillet 1396 dame Sophie de Westhus, prieure de Sainte-Marguerite,
vend au prieur des Chartreux des revenus annuels de propriétés
qui touchent l'étuve zum Griene58).
Le 17 février 1397 un incendie éclata dans l'établissement
sans que nous connaissions les détails59).
6. - zum Hauer
Rue du Sanglier. 25
La première mention «zu dem Hauwart gegen der batstuben»
apparaît dans une déposition faite par un Juif baptisé
de Brisach60), la seconde «estuarium
dictum zuo dent Hawarten» dans une fondation pieuse du 2 avril 135061)
et 1361 ex opposito estuarii dicti zu dem Hawart 62).
Nous retrouvons la même étuve dans un bail emphytéotique
de 136063) et dans un testament de 136564)
ainsi que dans une vente de rentes de 137165).
Le livre des communaux (Allmendebuch) de 1466 signale cette étuve
au f. 92 et encore celui de 1587.
Les premiers propriétaires étaient probablement les nobles
qui ont laissé leur nom à cet établissement; ils figurent
dans nos chartes dès l'année 1298. Etaient-ce eux qui ont
fait sculpter le beau sanglier qui est tombé victime du bombardement
de 1944? Seyboth donne l'année 1601 comme celle de son exécution66);
nous souhaitons la remise en place de ce bas-relief puisque le double existe.
Nous savons par ailleurs qu'en 1527 le damoiseau Jean de Matzenheim louait
l'étuve pour six ans au baigneur Nicolas de Laufenburg, à
charge pour celui-ci d'établir à ses propres frais deux bancs
à ventouser et un troisième à l'usage des clients
affligés de maladies contagieuses (Schelmenbank). La mort
du propriétaire (1530) a dû rompre le bail puisque deux ans
après, en 1532, un titre relatif à l'immeuble le désigne
déjà comme ancienne étuve67).
7. - üf der Hofstatt
Rue Brûlée, 19
En 1293 les sources mentionnent une maison construite en pierres dans
la cour du baigneur68). Dans un rachat
de rentes du 27 février 1333 on situe cette étuve à
côté de la porte de Saint-André et en face du cimetière
de cette église69). Elle revient
dans un achat de rentes du 3 février 1335 et dans un testament du
28 mars 1336, modifié en 1341, le propriétaire est nommé:
le chevalier Burcard, fils de feu Henri de Mullenheim70).
Une fondation d'un anniversaire du 23 septembre 1345 nous fait connaître
le voisin71) et un bail emphytéotique
du 11 juillet 1357 signale une cour contiguë au dit bain72).
Une donation du 9 mai 1381 révèle que le nom Badestubengesselin
est donné à la ruelle adjacente73).
Une fondation d'un anniversaire du 8 février 1382 énumère
des revenus dont une des propriétés voisines74).
Un bail emphytéotique du 22 juillet 1390 parle de la maison de la
dame Vougtlerin, où les membres de la confrérie des prêtres
siègent, qu'elle est sise à côté de notre étuve75);
cette demeure devint plus tard: Hus der Betteler Bruderschaft. Le
bain appartenait en 1466 au seigneur Claus Marx et le valet de l'établissement
s'appelait Andres76) . Le maître
d'oeuvres de la ville obtient en 1528 l'ancienne étuve comme maison
d'habitation.
8. - in der Krutenau
Rue de la Krutenau, n° ?
Le 17 février 1327 Conrad Zoller donne à la fabrique
de la cathédrale une maison sise en Krutenau à côté
de l'estuarium pour le repos de son âme et de celle de sa
femme Ortruna77). Le 18 janvier 1363 nous
trouvons déjà la désignation Badestubengesselin
in der Grutenowe dans un bail emphytéotique78).
Etuve et ruelle du nom figurent dans la description de Charles Schmidt
sous le millésime de 1372 lors d'une donation de cinq livres et
quatre schillings provenant de l'étuve précitée79).
Conrad zu der Megede, fils, et sa femme Berthe née Wetzel lèguent
aux chevaliers de Saint-Jean, le 22 mai 1381, leurs biens meubles et immeubles
pour le repos de leur âme; c'est dame Berthe qui possédait
avant son mariage notre bain80). Ch. Schmidt
mentionne cet établissement encore en 1405 et 1455. L'Allemendbuch
de 1466 spécifie que le maître-baigneur dispose des marches
de quatre pieds le long et d'un pied sur la chaussée du communal
dont il paye la taxe de 1 schilling (f. 267).
9. - unter Kürschnern
Rue Sainte-Hélène, 14
Un règlement de succession du 15 mars 1316 fournit la première
mention de ce bain public81). Metza, veuve
de Conrad Schidelin cède au béguinage Schidelerin, sis derrière
la loge des pelletiers et en face de l'étuve ses revenus82).
Un achat de rentes du 11 octobre 1330 parle de notre établissement83).
La fondation d'une prébende du 28 mars 1342 nous donne le nom du
propriétaire: Jean Kupfermann84).
Cuntzelin Blumenau confirme, le 12 novembre 1358, que son père Jean
a légué jadis à la fabrique de la cathédrale
des biens dont une maison sise en face de notre étuve85).
Cuntzelin renouvelle le don pour le repos de son âme le 4 novembre
135986). Une donation de dame Sophie de
Sarburg, femme de Wilhelm Gurteler, faite au Phynenspital, énumère
l'étuve «entre pelletiers» le 18 août 137387).
Quelque temps plus tard, le 28 juillet 1376, demoiselle Dyna Merswin lègue
aux Frères Prêcheurs (Dominicains) toute sa fortune pour le
repos de son âme; une partie des revenus doit parvenir aux béguines
du Merswin Gotzhus à côté de notre estuarium
88)
. Le registre des communaux de 1466 nomme le baigneur Wisshensel et fixe
son dû à huit schillings (f. 113 v°). Seyboth connaît
le tenancier de 1492: Symunt et le changement de nom en St. Barbelnbad
pour 154489); dans l'édition française
il nous raconte que le dernier baigneur, Jean Edel, vendit en 1546 aux
Ingolt, déjà propriétaires du tenant et de l'aboutissant90).
10. - Bain des Lépreux
Rue des Bonnes-Gens
Primitivement, c'est-à-dire au Haut Moyen Age, l'autorité
municipale isolait les personnes atteintes de la lèpre, en les fixant
dans un enclos d'une rue adjacente au Faubourg de Pierre. Dès le
début du XIV° siècle nous les trouvons plus loin de
l'enceinte de la ville, sur le terrain de la commune actuelle de Schiltigheim.
La chapelle de la léproserie était certainement couverte
de tuiles rouges d'où la désignation de Rote Kirche,
Eglise Rouge. Et dans le premier et dans le second établissement
fonctionnait une installation de bains pour soigner ces malades91).
Aujourd'hui le cimetière de Sainte-Hélène occupe l'ancien
emplacement du refuge des «Bonnes-Gens».
11. - zum Merisot,
Rue Sainte-Barbe, 2
Dès 1244, les sources signalent une maison zum Merisot,
qui varie son orthographe en Merensod en 1275, en Mersal
en 1376 et en Mersod en 1453. La dénomination première
équivaut souvent celle de Siebenmannsgasse ou rue des Sept-Hommes.
On cite parfois une fontaine au Merisol devant l'étuve du
même nom. Il est probable qu'on ait tôt supprimé cette
étuve, car en 1330 elle est dite Alte Badebube et le registre
des communaux de 1466 signale une maison à deux portes; en 1561,
le docteur Sebald Hohenreitter, médecin de la ville, y habite, puis,
en 1587, le docteur Sebald Hawenreutter et enfin, en 1682, le docteur Albert
Sebitins. Edel, fondeur de cloches, acheta la double maison, où
les millésimes de 1531 et 1603 subsistent et où une belle
fontaine gothique ornait la cour intérieure. Un moment, à
partir de 1566, le numéro actuel l était propriété
de la confrérie des compagnons des tailleurs92).
II reste à signaler que dans cette maison, numéro 2, A. Jung
a fait fonctionner un établissement qui livrait eau chaude, tonnelets
et baignoire à domicile à partir de 1837.
12. zu dem Mühlstein
Rue du Dragon, 12
Marguerite, veuve de Walter Sehzigmarke, et ses enfants Walter, Rodolphe
et Marguerite vendent à Truttatorio, porteur de lettres, et à
sa femme originaire de Colmar, une maison au delà de la Bruche (Ill)
en face de l'estuarium zuo dem Mulensteine le 16 juin 128993).
Au commencement de l'année 1301, l'official des évêques
de Strasbourg transfère un revenu des religieuses de Sainte-Catherine
de la maison zum Barle, à valeur égale, à une maison
sise à côté du bain zum Mühlstein94).
Maître Jean de Brandenburg, chanoine de Saint-Pierre, donne à
la fabrique de la cathédrale trente marcs d'argent, le 18 mai 1315,
et dans la spécification des biens d'où provient cet argent
est cité un immeuble à côté du bain zuom
Mülsteine95). A. Seyboth, sans
indiquer ses sources, signale cet établissement encore en 1395 et
1468 96).
13. Reiffbad
Quai Finkmatt, ancien 11
La première mention de cette étuve sonne fort romantique:Badestube
mit Summerhus uf der Landfeste (1408). Le tenancier a donc utilisé
le site pour y ériger une gloriette et sur le rempart les clients
ont dû se faire brunir au soleil, après le bain et le massage.
Encore en 1420 et en 1427, le chroniqueur signale cet état de choses.
Le registre des communaux de l'année 1466 nomme les propriétaires:
Claus et Matheus Marx, qui renouvellent la landfeste
mesurant 50 pieds de long et 6 pieds de large. II y a également
un lavoir, un cabinet d'aisance et un puits. Il doit à la ville
pour la jouissance sept livres et dix schillings (f. 25-1 v°). En 1574,
Simon Gessler est baigneur, et en 1587 Martin Sick; en 1620, Jean Schneeweiss
exerce le métier et en 1637, Michel de Hipsheim. Durant les XV°
et XVI° siècles, on remarque que ce bain est accessible aux
deux sexes, tandis qu'au XVII° siècle il est réservé
aux femmes. Entre 1838 et 1846 l'établissement fut démoli97).
14. - Rintburgertor
am Hohen Steg - Rue de la petite Boucherie, 29
Le nom de cette ancienne porte provient de l'usage de conduire les
boeufs par là dans la banlieue. En 1321, on remplaça cette
issue par le Pfenigturm (Tour
aux Pfennigs) pour y conserver les deniers publiques et les chartes précieuses
(archives). En 1366, nous trouvons pour la première fois dans les
documents l'existence d'une étuve dans ce
quartier98);
elle revient en 1401 et en 140799). Le
gérant de l'entreprise en 1466 s'appelle Andress comme nous révèle
le registre des communaux (f. 179.); il y fonctionne encore en 1485 d'après
A. Seyboth. N'oublions pas qu'en 1407, le chapelain des lépreux
de l'Eglise Rouge touchait quinze pfennigs ewiges
gelts chaque année de notre étuve100).
La longue liste des baigneurs ne nous livre que le nom de Mathieu Obrecht,
propriétaire en 1525101).
15. Rosenbad
Rue des Bains-aux-Roses. 2
La rue qui longe la façade orientale du Château doit son
nom à un ancien bain public qui s'élevait sur l'emplacement
du n°2, et qui figure de 1350 à 1750 sous le nom de Bains-aux-Roses
et de maison Au Rosier102). Le registre
des communaux de 1427 signale cette Badestube
et celui de 1466 dit que le baigneur Ulrich a érigé une latrine
en pierre qui donne sur le communal et qu'il doit à la ville deux
livres pour ce cabinet et deux schilling pour la marche d'accès
(f. 51). Après une reconstruction de l'établissement en 1574,
nous le retrouvons dans l'Allmendbuch
de 1587 et Seyboth rapporte qu'en 1756 on parle de l'ancien Bain-aux-Roses103).
Le même nom apparaît dès 1860 pour l'immeuble au n°
2 rue des Ecrivains et a survécu à la première et
à la deuxième guerre mondiale.
16. - Speierbad
Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, 15
Les données concernant l'historique de cette maison de bains
sont plutôt maigres. Le 17 septembre 1369, le tonnelier Diemar Apt,
de Kalthouse, et sa femme Dina, vendent une maison et dépendances,
sises en face de l'étuve bi Bischoff
burgetor, à Claus Siber, de Putelange104)
et, le 17 septembree 1369, Frédéric de Pfaffenhoffen, recteur
de l'église paroissiale dite Eglise Rouge, fonde une prébende
perpétuelle sur l'autel Saint-Jean et Sainte Elisabeth dans la
chapelle Sainte-Catherine de la cathédrale; afin que le prêtre
désigné puisse célébrer quotidiennement une
messe sur cet autel, on lui assure des revenus dont une maison et une cour
sises à côté de ladite étuve105).
L'écuyer Jean Schoene Mansze et sa femme Adelheidis cèdent
au messager municipal Jean Bitsche et à sa femme Adelheidis des
revenus annuels qui proviennent entre autres de l'étuve citée106).
C'est en 1407 seulement que nous rencontrons le terme de ce bain public
«Zum Roche» (ce qui voudrait dire odeur ou parfum?); en 1556,
une nouvelle appellation apparaît dans les documents, probablement
à la suite de la dénomination de la porte «Spierthor»
qui se trouvait à proximité. A. Seyboth ne voudrait pas dériver
ce nom de la ville de Spire, mais du vocable signifiant haute tour ou flèche
(en anglais: spire) qui survivrait dans le mot strasbourgeois «Spierel»
pour désigner les hirondelles de clocher.
En 1466, un nommé Oswalt fonctionne comme baigneur, au registre
des communaux (fol. 184). Suivant lui, Samuel Vogelmann dirige les bains
en 1575, et Ulrich Bischoff exerce le métier en 1587.
Nous connaissons un baigneur de 1656, Mathias Specht, de 1765, Geoffroi
Claus, et le dernier étuviste de 1789 J.E. Kuntz. Au lendemain de
la Révolution, en 1794, le chirurgien Schwartz y loge. Le nom de
Bains de Spire persiste après 1750 et on les agrandit en 1788, mais
en 1850, suivant la mode de l'époque, nous lisons: «Bains
de vapeurs russes »107).
17. - zu der Spizzen (Spitzen)
Petite-rue-des-Dentelles,5
La Petite et la Grande-rue-des-Dentelles doivent leur nom au promontoir
(Spitze ou exactement Landspitze)
qu'elles formaient à l'angle du canal de navigation et du fossé
des tanneurs. Dès 1233 apparaît la désignation Vicus
zu der Spizzen, c'est-à-dire rue de la Pointe dont on a fait
plus tard rue des Dentelles (Spitzengasse). L'immeuble n°5 comportait
au début du XIVe siècle deux maisons contiguës: un béguinage
(Gotzhus zu der Skizzen) et une étuve (Badestube zu der Spizzen);
cette dernière figure dans tous les registres des communaux; en
1466 le tenancier, Sebastien Gürteler, est mentionné; il a
construit une latrine et verse deux livres et neuf schillings de taxe (f.
143 v°). Antérieurement, dans une vente du 25 mars 1339. il
est question d'une maison sise à côté de l'étuve108).
La même maison zu dem Harrer
réapparaît à côté de notre bain, le 6
novembre 1345, quand Nesa, femme de Petrus Rebestog, lègue aux Frères
Mineurs des revenus pour le repos de son âme et de celle de son époux109).
Lorsque ladite maison change de propriétaire, le 22 janvier 1376,
le scribe spécifie à côté de l'étuve110).
Le 8 août 1388, Ulricus an dem Berge vend à Heintzmann Tuchscherer
une cour et une maison à côté de notre bain111).
Claus von Lore, maître de l'Oeuvre Notre-Dame, règle un différend
entre Ullin de Haguenau et Hansemann Rinouwen gessesen
in der badestuben zuo der Spitzen, le 4 juillet 1390112).
Le même établissement figure dans une vente du 26 mars 1393
du tonnelier Heintzman Noppenowe à Ullin d'une maison sise en face
de l'étuve113). Nous retrouvons
l'immeuble dans les registres de 1427 et 1466, encore en 1479114).
En 1752, la maison fut reconstruite par un certain Jean Resch qui y fit
graver la date et ses initiales. Avant la Révolution, la famille
Mühlberger y exploitait une tannerie115).
18. - zum Stanck
Impasse des Tonneliers, 10-12
Seyboth signale cette étuve dès 1315, mais le document
le plus ancien, un bail emphytéotique du 9 décembre 1317,
fournit une donnée sûre116),
et un acte de vente du 19 novembre 1322, nous fait connaître le nom
du proprié taire: Brandeck117).
Le baigneur Albert de Gengenbach et sa femme EIse reçoivent en emphytéose,
le 25 octobre 1347, la Brandeck et ses appartenances sises dans la rue
des Tonneliers contre un cens dominical de sept deniers, à verser
tous les dimanches118). Le 19 et le 20
août 1349, Demuodis, fille de feu Jean Zengelin, lègue un
immeuble en contrebas de l'étuve au monastère de Sainte-Catherine
hors les murs119). Le bain est encore
mentionné dans une emphytéose du 14 mai 137120)
et dans une donation pieuse du 23 février 1373 où le scribe
précise «derrière l'étal des bouchers»121).
Une vente d'une rente, du 4 octobre 1374, nous apprend que le voisin zum
Stancke s'appelle Zengelerin122)
et l'autre les héritiers de Wygand, comme il ressort d'une sentence
du 1er juin 1387123). Au XV° siècle,
Seyboth nous signale l'étuve pour l'année 1406 et 1423 (p.
127) sans indication de source, mais nous relevons un document pour la
dernière année: une donation124).
L'impasse des Tonneliers était encore au début du XV°
siècle ein Almendgesselin,
derrière la Mauresse comme Seyboth le relève125)
et c'est le nom de l'étuve qui lui laissa le nom deStanckgesselin;
puisque l'impasse était un moment donné entre les mains des
particuliers, on la ferma et elle n'eut pas de nom propre avant 1858 et
prit à ce moment-là le nom de rue de l'Étal. La dernière
mention de notre établissement figure dans le Allmendbuch
de 1466, f. 5.
19. -- Sankt-Thoman im Winckel
rue Saint-Louis, 4
Seyboth indique la date la plus reculée de 1393 (p. 175), mais
nous apprenons que lors d'un différend entre l'administration et
la gestion de la Douane, le Magistrat interdit en 1405 le bain dans la
Douane126). Les deux registres du communal
de 1427 et 1466 mentionnent évidemment notre étuve et le
maître-baigneur Oswalt. Signalons en passant aussi les «Allmendbrunnen»
dès 1310. En 1466, le contrôleur spécifie le puits
et la petite cour de trente pieds au carré et indique les redevances:
deux livres pfennig (f. 215). Le puits a été rempli au début
du XIX° siècle.
20. - Under Wagnern
Impasse Sainte-Barbe ?
Malgré les mentions précises, nous ne pouvons localiser
exactement cette maison. Le 30 mai 1316, Jean Stamph vend à Conrad
Smultz, les deux bourgeois de Strasbourg, un cens annuel de six livres
deniers provenant d'une étuve et d'une cour sises dans la paroisse
Sainte-Aurélie127). Le même
Conrad Smultz de Brunsebach rédige son testament le 29 décembre
1320; par cet instrument, il lègue à la fabrique de l'Eglise
de Strasbourg et de Saint-Thomas tous les droits qu'il a sur l'étuve
près des Augustins, entre le chevalier Howemesser et la dame Helfland128).
Un des voisins a changé, puisque la vente du 27 avril 1331 spécifie
qu'elle est située entre le boulanger Nicolas de Geispolsheim et
le chevalier Stehelin Howemesser (Haumesser); elle rapporte 26 onces deniers
par an129). Le 16 avril 1339, le prêtre
Heimann de Noerdlingen, gestionnaire de la fabrique de l'Eglise de Strasbourg,
loue en emphytéose inter currifices
au baigneur Nicolas de Rhinau pour le cens hebdomadaire de 34 deniers strasbourgeois130).
Le 27 janvier 1365, Nicolas de Bietenheim, et sa femme Dina, vendent une
rente à l'abbesse et aux soeurs de Sainte-Claire-au-Werde: dans
la spécification des immeubles on énumère une maison
sise à côté du bain131).
De même, dans une vente de rente du 23 novemhre 1377, pratiquée
par Greda Erlin, veuve de Ruotscho de Limpberg, bourgeois de Colmar, au
bénéfice de Jean Swenninger, bourgeois de Strasbourg, il
est question d'une propriété sise près du bain et
du puits132). Une dernière mention
se trouve dans Seyboth, p. 279, pour l'année 1412, mais sans indication
de source.
21. - Uf denn WERDE
rue de la Courtine des Juifs?
Quoique la charte du 25 mars 1246 soit formelle: Maître et Sénat
donnent une tour près Saint-Etienne y compris la terre attenante
à un chanoine de Spire en emphytéose, nous ne savons rien
de plus que cette étuve était située près de
la porte du Nord-Est de la ville133).
Une emphytéose accordée le 6 avril 1289 par les religieuse
de Saint-François au boulanger Conrad Lintgries et à sa femme
Junta situe la boulangerie à côté de notre établissement
de bains134). Une mention analogue se
trouve dans une emphytéose fixée le 22 juin 1283 entre dame
Salegut Riuse et Gerhart Smydin et sa femme Helwig: l'immeuble en question
touche au fossé «près l'étuve»135).
Il faut ajouter ici qu'un testament de 1289 nous révèle qu'à
côté de cet établissement il y avait une picina
qu'il faut traduire par «vivier»136).
Nous ignorons où Seyboth (p. 252) a puisé le seul renseignement
concernant cette Badstube
vendue à Sainte-Claire en 1300, si ce n'est la vente du 6 mai 1300,
suivant laquelle soeur Agnès, abbesse de l'ordre de Saint-François,
dans le monastère Sainte-Claire, cède aux religieuses du
même ordre le quart de l'étuve située près du
monastère uf denn Werde137).
Charles Wittmer
Cahiers Alsaciens d'Art et d'Histoire (CAAH) n°5 (1961)
1) édité
par Keller, Zurich, 1844, et Hans Reinhardt, Der St. Galler Klosterplan,
St. Gallen, 1952
2) Postill, Strassburg, 1522. p. 24 bis
3) Glos und Comment auf achtzig Artikel, dans Archiv
für österreichische Geschichte, Wien, 1859, p. 136
4) Geiler v. Kaysersberg, Von den 15 Staffeln , Strassburg,
1517, f. 35
5) Otto Neeracker, Bader und Badewesen in der Stadt
Basel und die von Baslern besuchten Badeorte, Inaugural Dissertation, Stetten-Basel,
1933, p. 8
6) Mandats et règlements, t.24, f, 23 a - 23
c
7) Jacques Hatt, Strasbourg au XV° siècle,
Strasbourg, 1929, p. 346
8) cf. Narrenschiff, Strassburg. 1520, p. 48
9) Allmendbuch, fol. 308 v.
10) Mandats et règlements, t. 34, f. 34-37
11) Karl Sudhoff est parti de cette donnée
et s'est penché sur les calendriers: Lasstafelkunst in Drucken
des 15. Jahrhunderts, dans Archiv für Geschichte der Medizin
I ( 1908), p. 219-288
12) Alfred Martin, Deutsches Badewesen in vergangenen
Tagen, Jena, 1906, p. 70 et suiv.
13) O. Neeracher, op. cit, p. 17
14) Mandats et règlements, t. 28 fol. 237
15) Narrenchiff, Strassburg, 1520, p. 48
16) Liber de arte distillandi, Strassburg, 1500,
p. 41
17) J. C. Brucker, Strassburger Zunft- und Polizeiverordnungen
des 14. und 15. Jahrhunderts, Strassburg 1889, p. 506
18) Les bains à travers les âges, Paris
1925
19) Bader, Scherer, Chirurgien, Hebammen und Apotheker
im alten Luzern 1300---1798, Dissertation 1931
20) Bader und Badewesen in der Stadt Basel und die
von Baslern besuchten Badeorte, Dissertation 1933
21) L. Pfleger, Kirchengeschichte der Stadt Strassburg
im Mittelalter, Colmar 1941, p. 185-190
22) (Mandats et règlements), t. 2. f. 120-123;
édité par Brucker (op. cit., p. 82-85)
23) Collectanea, § 1942
24) Chronicon, § 2958
25) Les travaux les plus récents: René
Burgun, La syphilis à Strasbourg aux XVe et XVIe siècles,
dans Etudes alsaciennes, Strasbourg, 1947, p. 63-102 et Ernest Wickersheimer,
Les débuts à Strasbourg de l'hospitalisation des syphilitiques,
dans Scalpel n° 10 du 5 mars 1960
26) nous citons d'après une édition
ultérieure d'Amsterdam de 1628, p. 173
27) W. Devrient, Schlenzkur und Sauna in der Praxis,
Berlin, 1942, p. 10
28) Urkundenbuch der Stadt Strassburg, t. III, Strassburg
(1884), p. 155
29) Kindler von Knobloch, Das goldene Buch der Stadt
Strassburg, Wien, 1886, p. 343-345
30) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, Strassburg,
1890, p. 249.
31) UBStr., Vil, Strassburg 1900, p. 154
32) Archives municipales: N 25, fol. 96 verso
33) Ad. Seyboth, Strasbourg historique, Strasbourg,
1894. p. 671
34) UBStr. VII, p. 727.
35) UBStr. VII, p. 768.
36) Archives municipales: Allmendbuch de 1466, fol.
151 verso.
37) Archives municipales: N 26 fol. 46.
38) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p. 113.
39) Ad. Seyboth, Strasbourg historique, p. 489.
40) UBStr. III, p. 123.
41) UBStr. VII. p. 81.
42) UBStr. VII. p. 120.
43) UBStr. VII p. 172-173.
44) UBStr. VII. p. 244.
45) UBStr. VII. p. 282.
46) UBStr. VII. p. 431.
47) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg. p. 183.
48) Ibidem.
49) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg. p. 96.
50) UBStr. VII p. 129.
51) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg. p. 96.
52) UBStr. III, p. 82.
53) UBStr. III. p. 277.
54) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p. 190.
55) UBStr. III, p. 146 et 370.
56) UBStr. VII. p. 280
57) UBStr. VII. p. 298.
58) UBStr. VII. p. 808.
59) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg. p. 190 et Koenigshoeven
(éd. Hegel), p. 574.
60) UBStr. V, p. 178.
61) UBStr. VII p. 183.
62) UBStr. VII. p. 299
63) UBStr. VII. p. 284.
64) UBStr. VII, p. 351.
65) UBStr. VII, p. 422.
66) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p. 37.
67) Ad. Seyboth, Strasbourg historique, p. 278.
68) Ch. Schmidt, Strassburger Gassen- und Häusernamen
im Mittelalter, 2° édition. 1888, p. 176.
69) UBStr. VII, p. 8.
70) UBStr. VII. p. 27 et p. 40
71) UBStr. VII, p. 138.
72) UBStr. VII. p. 247.
73) UBStr. VII, p. 569
74) UBStr. VII. p. 586.
75) UBStr. VII, p. 722.
76) Livre des communaux, f. 89-90
77) UBStr. VII, p. 347.
78) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p.230, et UBStr.
VII, p. 315.
79) Ch. Schmidt, op. cit., p. 33 et UBStr. VII, p.
444.
80) UBStr. VII, p. 570.
81) UBStr. III, p. 250
82) UBStr. III, p. 302.
83) UBStr. III, p. 93.
84) UBStr. VII, p. 93.
85) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p. 69, et UBStr.
VII, p. 264.
86) UBStr. VIII, p. 277.
87) UBStr. VII, p. 462.
88) UBStr. VII, p. 506.
89) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p. 69.
90) Ad. Seyboth, Strasbourg historique, p. 393.
91) Charles Wittmer, L'Obituaire de l'Eglise rouge
dans Archives de l'Eglise d'Alsace, N.S.I. (1946) p. 87-181.
92) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p. 71 et Strasbourg
historique. p. 395. p. 399.
93) UBStr. III. p.74.
94) UBStr. III. p.145.
95) UBStr. III. p. 245.
96) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p. 276.
97) Ad. Seyboth, das alte Strassburg, p. 253 et Strasbourg
historique, p. 676.
98) UBStr. VII. p. 357.
99) Ad. Seyboth, Das alte Strassburge p.2.
100) J.C. Brücker, Strassburger Zunft- und
Polizevnerordnungen des I4. und 15. Jahrhunderts, Strassburg, 1889. p 69.
101) Ad. Seyboth, Strasbourg historique, p. 15.
102) Ad. Seyboth, Strasbourg historique, p. 576.
103) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p. 239.
104) UBStr. VII, p. 402 n° 1380.
105) UBStr. VII, p. 402 n° 1381.
106) UBStr. VII, p. 657.
107) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p. 285
108) UBStr. VII, p. 65.
109) UBStr. VII, p. 139.
110) UBStr. VII, p. 495.
111) UBStr. VII, p. 685
112) UBStr. VII. p. 721.
113) UBStr. VII, p. 755.
114) Ch. Schmidt, op. cit., p. 165.
115) Ad. Seyboth, Strasbourg historique, p. 455.
116) UBStr. III, p. 266.
117) UBStr. III, p. 298.
118) UBstr. VII, p. 156.
119) UBStr. VII, p. 175.
120) UBStr. VII, p. 419.
121) UBStr. VII. p. 453.
122) UBStr. VII, p. 480.
123) UBStr. VII. p. 663.
124) UBStr. III. p. 99.
125) Ad. Seyboth, Strasbourg historique et pittoresque,
p. 517
126) G. SCHMOLLER, Strassburg zur Zeit der Zunfkämpfe
und die Reform seiner Verfassung und Verwaltung im 15. Jahrhundert, Strassburg.
1875. p. 97.
127) UBStr. III, p. 252.
128) UBStr. III. p. 287.
129) UBStr. III, p. 391.
130) UBStr. VII, p. 66.
131) UBStr. VII, p. 342.
132) UBStr. VII, p. 523.
133) UBStr. I, p. 328.
134) UBStr. III. p. 74.
135) UBStr. III, p. 55.
136) UBStr. III, p. 76.
137)
UBStr. III, p. 134.