Les peintres et artistes dans le Rhin supérieur (1450-1525)

  1. peintures à Constance et Rottweil dans les années 1450-1470
  2. ¤ les maîtres de la Passion de Karlsruhe

  3. ¤ le Maître de l'autel de Feldbach
    ¤ Caspar Isenmann
    ¤ Martin Schoengauer (1450-1491)
    (dont deux oeuves magnifiques sont au Paul Getty Museum de Los Angeles)
  4. Mattias Grünewald


puis, à la fin du XV°-début XVI°, vivaient à Strasbourg et à Bâle:

  1. Hans Baldung Grien (1484/85 - 1545)
  2. Erasme de Rotterdam
  3. Hans Geiler von Kaysesberg
  4. Caspar Hedio
  5. Sebastian Brand
  6. le Maître IS à la pelle (Meister IS mit dem Staufel) Elsass um 1515
  7. le Maître du Rhin Supérieur (Oberrheinischer Meister)
J'ai noté la présence au Metropolitan Museum of Art à New York des oeuvres faites par Nicolas Gerhardt de Leyde lors de son séjour à Strasbourg en 1465
(il fut actif dans les années 1460-1479): Ces oeuvres proviennent de l'église abbatiale bénédictine St Pierre et Paul de Wissembourg et ont fait partie de la collection de John Pierpont Morgan.

Provenant de la même origine, le buste reliquaire de Ste Marguerite se trouve au Art Institute de Chicago;
on signale l'existence d'un buste reliquaire de Ste Agnès qui lui est perdu.

À Strasbourg, le Musée de l'Oeuvre Notre-Dame contient
deux oeuvres de Nicolas Gehaert de Leyde, lui-même:

et deux oeuvres de l'atelier de Nicolas Gehaert de Leyde:


Bains et baigneurs à Strasbourg au Moyen Âge

Charles Wittmer

Il est entendu pour nous, bénéficiaires du confort moderne, que les gens du Moyen Âge, se baignaient rarement ou pas du tout. Idée bien erronnée puisqu'il ressort du plan de l'abbaye de Saint-Gall de l'année 8201) que les Bénédictins prévoient un bain et des lavabos pour les moines, les étudiants, les malades et les domestiques. Saint Benoit, qui rédigeait sa règle vers 515, recommanda à ses fils de se baigner modérément parce que ses jeunes disciples avaient tendance à abuser de l'eau.
Dans ce milieu d'ailleurs naquit l'idée que le bain à la veille d'une fête aidait à parfaire la purification intérieure. Dans le même ordre d'idées, nous voyons des pénitents obligés à baigner des pauvres ou des pèlerins, d'autres, privés de bains pour un certain temps.
La célèbre école médicale de Salerne, réputée dans tout l'Occident par son «Regimen Salernitanum», prônait dès le XII° siècle l'effet salutaire de l'eau et recommanda particulièrement une cure balnéaire au mois de mai. Cette prescription demeure actuelle pendant des siècles puisque nous lisons dans un des multiples «Regimina sanitatis», imprimé à Strasbourg en 1505:
«Arbeyten in dem Meyen, ist dis nit schad?
Lass dyn odern und mach ein lustig Bad!»
Quel dommage de travailler au mois de mai
Fais faire une saignée et fais une cure balnéaire.
Rappelons que le règlement sanitaire du chevalier prévoyait un bain après une chevauchée ou après un tournoi. Faute d'une baignoire il se servait d'un baquet. Et c'est seulement alors, débarrassé de la poussière et de la sueur, qu'il pouvait paraître devant les dames. Geiler de Kaysersberg parle même du bain quotidien avant la messe2).

I. - Les bains

Les couvents et les châteaux n'étaient pas seuls à s'occuper d'installations sanitaires mais les villes autorisèrent également l'ouverture de ces établissements. Ainsi la plus ancienne coutume de Strasbourg, du milieu du XII° siècle, charge les tonneliers des bains de l'évêque, surtout quand l'empereur et l'impératrice séjournent à Strasbourg (§113).
Or, ouvrir un établissement privé, aussi modeste fût-il, fut un privilège seigneurial comme celui du four, du pressoir et du moulin banal, d'où leur nombre restreint au XIII° siècle.
Le bain public s'appelle «stuba» ou «stupa» ou «aestuarium» ce qui signifie étuve. Là on prend surtout des bains de vapeur soit pour prévenir, soit pour guérir des maladies. On produit cette vapeur en versant de l'eau sur des pierres surchauffées. Le bain partiel se dit «Kübelbad», car il se fait à l'aide d'un cuveau ou d'un baquet.
Un phénomène curieux et en même temps caractéristique est le fait que hommes et femmes se baignent ensemble. On y prend plaisir et on prolonge facilement les séances. Pour passer le temps on y mange, on y boit et on y joue. Ecoutons ce que dit Wimpheling de ces lieux, où pauvre et riche, noble et roturier se côtoient sans distinction: «c'est dans les tavernes et les étuves que les gens se réunissent; ils sont assis buvant, mangeant, jouant, traitant de tout et voudraient gouverner le monde...»3). Un autre prédicateur contemporain se lamente: ils parlent hérétiquement contre Dieu et l'Empereur! Malgré ces admonitions des bons vivants restent fidèles à leur devise: «Aussig Wasser, innen Wein, Lasst uns alle fröhlich sein!» et suivent l'adage: «Willst du nicht trinken, so gehe zum Bade!»4).
À Bâle, la séparation des sexes fut ordonnée dès 14315). Il est fort probable que les Strasbourgeois aient pris une mesure analogue au même moment, mais l'arrêté conservé dans nos archives date seulement du début du XVI° siècle6). Les autorités sont obligées à intervenir à la suite de nombreux scandales provoqués notamment par des visiteurs étrangers et des compagnons. Dorénavant cinq étuves seront réservées aux hommes et trois aux femmes. Chaque établissement doit indiquer visiblement la nouvelle distinction. Une série d'amendes est prévue pour les contrevenants: quiconque donne accès à l'autre sexe paie cinq livres deniers. On admet chez les femmes un valet et un ventouseur exceptionnellement et à condition qu'ils soient suffisamment vêtus! Les enfants aussi sont à surveiller et paient, à partir de ce jour une taxe d'entrée : de trois à huit ans, un helbeling et de huit à douze, un denier, tandis que homme et femme paient deux pfennig par bain.
L'installation est dans l'ensemble assez rudimentaire. Dans la salle commune on est assis sur un banc pour transpirer. La baignoire est une cuve en bois, oblongue, cerclée, dont chaque extrémité est munie d'une anse, ce qui facilite toute manipulation.
Notons après les établissements publics que des salles de bains sont fréquentes dans les maisons particulières7). Ainsi le maître de la douane Claus de Berse (Boersch) et le receveur des rentes Heinrich Riff ont des salles de bains dans les logements qui leur sont assignés par la ville. Et notre témoin Geiler de Kaysersberg ne manque pas de faire allusion à ce luxe des bains des particuliers dans un sermon8).
Nous connaissons aussi quelques bains hors les murs. D'abord celui des Bonnes Gens ou des Lépreux, mais encore d'autres. Ainsi nos parchemins mentionnent en 1408, 1420, 1427 «eine badstube mit sommerhus» -aujourd'hui quai Finkmatt, 11- qui appartint en 1466 aux chevaliers Claus et Marx; les baigneurs qui exercent là se nomment Simon Gessler et Martin Sick. En outre le registre des communaux de 1466 nous signale, l'étuve que Bernhart Wurmser possède devant la porte Sainte-Elisabeth9).

II. - Les baigneurs

L'homme ou la femme qui avait obtenu le privilège d'ouvrir une étuve, devait se plier à certaines obligations: chauffer aux jours convenus, disposer d'un certain nombre de valets, posséder le minimum de matériel pour la bonne marche de l'établissement, maintenir l'ordre parmi les clients et respecter les prix communément admis. Murner nous rapporte que le baigneur annonce à son de trompe que le bain est prêt.
Les Strasbourgeois attachaient à ce privilège une condition indispensable. Il fallait que l'homme ou la femme fasse partie de la communauté. Le règlement des baigneurs de 140010) contient une seule exigence, c'est de jouir du droit de bourgeoisie et de verser la taxe inhérente de deux livres deniers. L'homme doit posséder en plus une armure; chaque fois qu'il est pris en délit il paie une amende de cinq schillings. Un valet bourgeois peut acquérir une étuve contre la taxe d'une livre deniers. Un fils de baigneur verse cinq schillings, une fille une livre deniers tout comme un enfant d'origine illégitime.
Le règlement strasbourgeois du début du XVI° siècle cité plus haut, qui repose sans doute sur des arrêtés antérieurs, spécifie que le maître-baigneur doit mettre des ventouses et surveiller la bonne conduite des clients et de ses aides. Les derniers doivent apporter l'eau, préparer et entretenir le feu, nettoyer les baignoires et tous les compartiments de l'étuve. Grâce à Geiler de Kaysersberg nous savons d'où viennent quelquefois ces valets: dans un sermon de 1498 il parle des étudiants qui n'ont pas réussi à obtenir le diplôme rêvé, qui rôdent dans le pays, qui se font troubadours ou préparateurs de thériaque ou précisément baigneurs.
Les gens du Moyen Âge croyaient surtout que le but thérapeutique du bain était celui de rendre le sang moins épais, afin de diminuer la tension. Voilà pourquoi en 1559 encore, le médecin strasbourgeois H. Ryff recommande de compléter l'action des ventouses en prenant une nourriture légère. À l'origine les baigneurs pratiquaient aussi la saignée qui devint plus tard le privilège des scherer (chirurgiens). Lisons dans un de nos beaux Tristan et Yseut de Gotfried de Strasbourg, rédigé entre 1205 et 1210, ce que pensent les contemporains des bienfaits de la saignée11). Le calendrier qui indiquait les jours propices à la saignée (Lassbüchlein ou Lasstafel) était très répandu en Occident et fut imprimé en grandes quantités par les imprimeurs strasbourgeois. N'oublions pas que dans le célèbre codex Guta-Sintram, rédigé autour de 1154, figure le résumé des règles de santé en tête du chaque mois. L'opportunité de la saignée était en fonction directe avec la constellation lunaire.
Intimement lié au bain était le lavage de la tête et la coupe des cheveux parce qu'il est plus agréable de se faire tondre quand les cheveux sont mouillés que secs, de même de se faire raser12). Mais la toilette complète se faisait non pas dans la salle commune mais dans un réduit à côté de l'étuve. Comme les baigneurs aiguisaient eux-même les ciseaux et les rasoirs ils furent incorporés à Bâle avec les forgerons13). À Strasbourg on supprime huit corporations entre 1462-1482 dont celle des baigneurs et des barbiers; ils vont siéger dorénavant avec les marchands de grain à la Lanterne. C'est seulement en 1789, que nous retrouvons les baigneurs strasbourgeois à la corporation des forgerons.
Un règlement rédigé vers 150014) arrête après la délibération du Maître, du Sénat et des XXI, que les baigneurs s'organisent avec les barbiers. Si un baigneur ou un valet exerce son métier sans en avoir le droit, il paie une amende de dix-huit deniers par an. Si un homme ou une femme (hüterin on ryberin) ne connaît pas le métier et exerce quand même, le patron paie six pfennigs d'amende. II y a un seul jour au courant du l'année où les valets sont autorisés à monter au Poêle des baigneurs, le dimanche de la Trinité parce que les chefs d'établissements engagent leur personnel.

III. - Les raffinements du bain

De bonne heure il y eut non seulement les raffinements gastronomiques qui égayaient les clients mais encore les mélanges d'arômes qu'on réalisait pour des raisons de santé et de goût.
On ajoute également à l'eau des ingrédients de toute sorte, par exemple de la potasse (lauge) ou des herbes ou plantes odorantes soit pour augmenter la valeur curative ou simplement pour aromatiser le bain de l'étuve. Ainsi nous trouvons des feuilles de rose, de lavande, de sauge et autres. Pour des raisons uniquement thérapeutiques on se sert du Kräuterbad, du Ölbad (bain d'huile) afin de fortifier le corps à la façon des anciens (Homère). Geiler de Kaysersberg, le moraliste, ne peut s'empêcher de blâmer les abus des eaux de toilette, des onguents et des savons15).
Nous savons très bien que, après s'être déshabillé, on se rendait à la chambre chaude pour subir un traitement assez virulent, qui est plus calme aujourd'hui après la transpiration au hammam; au Moyen Âge, le baigneur ou son valet frotte et fouette le client avec des branches pour activer la circulation du sang et la deuxième sudation. Ensuite on l'arrose avec de l'eau chaude et froide en alternant.
Dans un livre fort curieux de Brunschwig16), nous trouvons une recette pour les soins de la peau: l'eau de blancs d'oeufs donne un teint clair, elle blanchit même les mains; l'eau de jaunes d'oeufs enlève les taches de rousseur; l'eau de fenouil donne de belles couleurs. Dans un autre traité, Liber pestilentialis, p. 15, le même auteur recommande une friction avec l'eau de potasse, bonifiée de romarin, de laurier ou de racines variées.
Les soins de beauté occupent sans conteste la partie la plus importante des séances balnéaires, mais le massage, la pose des ventouses et la saignée restent les raisons les plus sérieuses du métier de baigneur. À l'origine, le maître-baigneur coupait les cheveux et rasait les hommes, mais quand la division du travail se fit sentir, il y eut quelquefois des rivalités entre baigneurs et barbiers jusqu'au jour où l'on fit deux professions distinctes.
Les moments les plus agréables de la cure furent le repos. Après avoir pris une douche froide on mettait le peignoir et on allait s'étendre sur un lit. Le Franciscain Thomas Murner nous fournit beaucoup de détails sur la vie balnéaire dans son traité célèbre. Eine andechtig geistliche Badenfahrt, qui parut à Strasbourg chez Jean Grüninger en 1514. Il décrit dans cette poésie allégorique la transpiration à sec, puis le bain aux plantes et à l'huile, enfin le Wildbad, bain à eau naturelle tiède (aujourd'hui à 34° environ), et même un bain sanglant pour guérir la lèpre. Murner insiste sur l'usage courant de l'huile de lavande et ses effets curatifs.
Or, la transpiration, sous toutes ses formes, provoque la soif et celle-ci entraîne la faim. Quoique quelques sages fulminassent contre la collation au bain, les festins augmentaient. On invitait ses amis au bain, on y fêtait même les noces et pour agrémenter le séjour on fit venir des musiciens et on dansait. Rien d'étonnant que Wimpheling se plaigne des excès balnéaires, que Geiler de Kaysersberg avait répréhendés dans le sermon du deuxième dimanche après l'Épiphanie, disant que les chrétiens ressemblent aux juifs, qui se lavent avant chaque acte religieux. Le bain fut interdit au chrétiens le vendredi, de sorte qu'on accordait accès aux juifs. Mais ils eurent dès le XIII° siècle un bain pour hommes et un bain pour femmes à côté de la synagogue, rue des Juifs, 15 à 19.
Cependant, les critiques, même sévères et parfois justifiées, ne peuvent entamer la valeur du bain comme acte de charité. Très tôt, des chrétiens instituèrent des Seelbäder (balnea animarum) pour les pauvres, c'est-à-dire pour le repos de l'âme d'un défunt, qui furent en même temps un Seelbad pour le fondateur. Mais on légua de l'argent aux couvents et aux hôpitaux pour qu'ils donnassent des bains gratuits aux nécessiteux. Quelques personnes dévouées préparaient ce bain et aidaient les pauvres malades à le prendre. Dès le XIII° siècle, plusieurs villes disposent de bains gratuits pour les indigents. Dans certaines paroisses le curé annonce de temps en temps du haut de la chaire ces oeuvres pies. Il arrive fréquemment que des évêques, des princes, des nobles et des patriciens mettent de l'argent à la disposition des clercs pour exercer cette forme de la charité.
Rien de plus naturel que d'offrir au pauvre, quand il sort du bain, un repas frugal et une boisson.

IV. - La réputation des baigneurs

Elle n'est pas des meilleures. La fonction de chauffeur dans le sens stricte du mot est considérée comme une activité presque déshonorante. Les baigneurs et les musiciens ne comptent pas parmi les professions honorables. Par exemple, les veilleurs de la cathédrale peuvent exercer -quand ils ne sont pas de service- un autre métier, sauf celui de baigneur, considéré incompatible avec la dignité d'un fonctionnaire de la République17). Rappelons ici que l'empereur Wenceslas l'Ivrogne se fait représenter, dans une bible manuscrite, assis dans le bain et servi par une belle fille. La légende lui donne simplement le nom de Susanne et justifie sa place: à Prague, elle a sauvé le roi de la captivité!
Les rivalités entre baigneurs et barbiers, dont nous avons fait mention plus haut, n'ont nullement contribué à relever le prestige des premiers. Les seconds se spécialisent à la longue surtout en tonsure des clercs. Et, pour marquer leur importance, ils s'organisent en corporation dès le XV° siècle. Dès qu'ils ont une certaine influence dans la vie artisanale, ils priment les baigneurs: ils les privent du droit de couper les cheveux (réservé aux barbiers) et de pratiquer la saignée réservée aux chirurgiens.
Et pourtant, il y a une raison sociale qui mettait parfois les baigneurs en bonne place. Dans notre ville, du XII° au XIII° siècles et encore plus tard, les incendies sont relativement fréquents et très souvent catastrophiques. À ce moment-là, les bourgeois sont trop heureux si les baigneurs prêtent leur concours, leurs seaux et leurs cuves pour maîtriser le feu. Pour parachever le tableau, signalons l'unique honneur qu'on fait aux baigneurs: dans le jeu des Mystères ou leur permet de représenter Adam ou Eve.

V. - La confrérie

Nous sommes surpris que les monographies de la vie balnéaire au Moyen Age ne parlent point des confréries de baigneurs. Ni Alfred Martin, ni Paul Negrier18), ni Theodor Michel19) , ni Otto Neeracher20), ne font mention d'une confrérie.
Cependant, la vie religieuse, qui battait son plein à Strasbourg au XIII° siècle, connaît plusieurs confréries d'artisans: celle des forgerons à Sainte-Barbe en honneur de saint Eloi, celle des serruriers, celle des éperonniers, celle des bateliers à Saint-Guillaume, celle des charpentiers aux Franciscains en l'honneur de sainte Anne, celle des aveugles, celle des ménétriers aux Carmes (aujourd'hui Saint-Louis), celle des malades, celle des mendiants à Saint-André à partir de 1411, celle des valets de métier et enfin celle des baigneurs21).
Les membres de cette association s'engagent eu premier lieu à contribuer à la vie religieuse des frères et soeurs. Ils tiennent en second lieu, à aider leurs semblables dans les difficultés de la vie et veillent à un enterrement digne du confrère.
Sans être liés par des voeux, ils font le possible pour honorer le saint patron, participent aux processions, promettent de respecter le dimanche et les fêtes officielles, de ne pas jurer sans nécessité, de ne pas proférer de, blasphèmes, de ne pas jouer contrairement au règlement, de ne pas boire outre mesure ni de se quereller.
Nous ignorons la date de fondation de la corporation des baigneurs qui fonctionnait en l'honneur du Saint Sauveur et de sa Sainte Mère à l'Hôpital («Hospitale maius») . Nous ne connaissons qu'un règlement tardif de 1400 qui repose sur des statuts antérieurs. L'organisation du 22 septembre 1487 renouvelle tout simplement la tradition ancrée dans les esprits22).
Les baigneurs arrêtèrent d'élire deux fois par an, à la St-Etienne et à la St-Jean, un maître qui sera assisté du maître sortant. L'argent donné par les membres ou des donateurs sera déposé dans un tronc, une cassette dont l'ancien maître tient les clefs. En plus, on désigne un valet (Büchsenknecht) qui collecte les cotisations et remet la caissette tous les soirs au maître régnant. Aux Quatre-Temps, il rappelle aux frères et aux soeurs qu'ils ont à payer leur cotisation. Il touche deux schillings pour cette peine.
Le maître est assisté de quatre membres jurés qui exercent leur fonction à deux par semestre: ils s'occupent surtout des cierges pour les offices des Quatre-Temps, des processions et des enterrements. Les retardataires des cotisations paient une amende d'un demi quart de cire et ceux qui n'assistent pas aux messes communes versent un quart de cire. Si jamais un baigneur engageait un valet ou une femme de mauvaise réputation, il doit une livre de cire. Quand un domestique de l'étuve tombe malade, le patron lui doit le demi salaire pendant huit jours. Si une bonne accouche, le propriétaire lui doit la demie paye pendant huit jours et pendant six semaines elle est exempte de cotisation à la confrérie.
Quiconque apprend qu'un confrère est malade, en avertit le chef de maison et fait son possible pour que le malade se confesse et communie.
Si jamais un membre de l'association a la langue trop bien pendue et ne garde pas un secret, il est passible d'une amende d'un demi quart de cire. Quiconque injurie un confrère en réunion est redevable d'un quart de cire, et celui qui jure sans nécessité aucune doit un demi quart de cire. Celui qui boit démesurément fournit un quart de cire en réparation, mais celui qui joue ou prête ses cartes ou ses dés, dépose une livre de cire à la sacristie. Quand le maître ordonne un travail en commun, chaque défaillant sans raison valable, répare son abstention par un quart de cire. Plus fort: celui qui convoite les biens d'un frère ou d'une soeur doit -après constatation- une demie livre de cire à l'autel et quatre deniers au valet-encaisseur; celui qui convoite les biens du maître ou d'un des quatre jurés doit un quart de cire et deux deniers au valet.
Pour faire partie de la confrérie, il faut une recommandation de quelqu'un qui connaît le demandeur ou la demanderesse, puis celui-ci doit joindre à la demande d'admission un demi quart de vin (pour la messe ou la corporation ?) et payer chaque semaine un helbeling.
En cas de dissolution de la confrérie, la fortune échoue à ]'administration de l'hôpital majeur.

Malgré les pèlerinages, la persécution des juifs, des épidémies ravagent de temps en temps les agglomérations occidentales, surtout les villes étroites, ainsi les autorités recommandent-elles aux gens d'éviter des attroupements soit aux auberges et même aux bains.
Koenigshoven nous relate qu'une épidémie sévit pendant le Carême de 1403 qui touchait une personne sur dix; en 1414, la même maladie réapparut; en 1417 une épidémie foudroyante frappe toutes les classes de la société et Specklin nous rapporte pour 1424: il mourut tant de gens que la cloche du Saint-Esprit (Hospice du Saint-Esprit dans la ruelle du Saint-Esprit) fut brisée23) . Wencker signale «un grand mourir» en 1426 qui fit 15000 victimes, surtout parmi les jeunes gens 24). Rappelons aussi que la lèpre, un des grands fléaux du Moyen Age, existe à l'état endémique partout. À cause du danger de contagion, le Magistrat de Strasbourg impose aux médecins, barbiers et baigneurs le serment de signaler sans tarder aux quatre inspecteurs, chargés de constater le terrible mal, toute personne soupçonnée d'en être atteinte.
Mais il y avait une autre raison qui éprouvait la carrière de baigneur: l'apparition de la syphilis vers 1495 qui enrayait sérieusement la vie balnéaire25). La peur de la contagion du «mal des Français» éloignait la plupart des clients des établissements publics et privés. Nous trouvons un seul témoignage littéraire mais fort probant d'Erasme de Rotterdam dans son Colloquium familiae qui fut publié en 152426).
Enfin, les sommités médicales des Facultés célèbres proclament de plus en plus l'influence salutaire des sources naturelles, infiniment supérieures à celles des bains traditionnels.
D'ailleurs une raison purement matérielle ronge l'existence du baigneur: les prix du bois augmentent sensiblement au courant du XV° siècle ce qui entraîne une augmentation plus que sensible des frais généraux. À défaut de témoignage strasbourgeois reportons-nous au diocèse limitrophe de Spire où l'archevêque se plaint de la forte consommation de bois dans les étuves, qui dévaste ses forêts27)!
Les archives de notre ville ne contiennent pas un fonds ou une section consacré aux bains. C'est en glanant dans les manuscrits, les chroniques et les ouvrages traitant l'histoire de Strasbourg ou du bain en général que nous avons relevé tout ce qui concerne ces établissements. Nous en donnons la liste par ordre alphabétique.

Les bains strasbourgeois

l. - Dintenhörlin

(cornet à écrire) - Rue de l'Arc-en-ciel, 9
Un acte de vente du 13 novembre 1302 mentionne cet établissement pour la première fois: ad estuarium Sickelini28). Les Sickelin sont une vieille famille strasbourgeoise et propriétaires de plusieurs maisons et cours dans la ville29). Seyhoth qui mentionne cette étuve pour les années 1311, 1418, 1511 et 1587 rapproche le mot Dinte du célèbre Grüsel-Horn que le gardien de la tour de la cathédrale devait sonner30). Le livre des communaux désigne en 1466 le seigneur Henri de Landsperg comme propriétaire. En 1580 la dénomination de ruelle Saint-Antoine est changée en Dintenhörnlingesselin. Une charte du 9 août 1347 signale une boulangerie située près de l'étuve31). Un acte de naissance du 26 juillet 1531 nomme un certain Conrad, baigneur «zum Tintenhörnlin»32). Seyboth dans l'édition française de sa topographie admet la traduction donnée en titre parallèlement à celle de cor de signal et ajoute: «En 1548 le fonds comportait une chaudière murée, huit lits de repos avec leurs draps, couvertures et oreillers, et un certain nombre de peignoirs, de bonnets et de serviettes»33).

2. - Drusenbad

Rue de la Lie, 4
Une vente de vente du 24 octobre 1390 signale une maison qui touche die badestube in Truosengasse34) et une location en emphytéose du 4 avril 1394 situe les mêmes maisons35). Une inscription dans le livre des communaux de 1466 relate que Veltin Wurmser dispose de marches de quatre pieds de large et d'un pied en avant et il doit une redevance de un schilling36). Le baigneur dans cette étuve en 1556 est Ambrosi37) et en 1587 Gregorius Huber38). La porte d'entrée rappelait les années 1604 et 1610. Le baigneur Niclaus Grieninger vend l'établissement à Philipp Engelhardt, harpiste, qui réservait ce bain seulement aux femmes. Seyboth suppose dans l'édition française de son ouvrage que cette restriction ait été faite avant cette date. Vers 1630 le peintre-verrier Laurent Linck, qui exécuta entre autres les célèbres vitraux de l'ancienne Chartreuse à Molsheim, était propriétaire du Drusenbad39). Les Affiches de Strasbourg de 1790, n° 20 et 28, annoncent l'ouverture de ce bain et «on y sera servi avec célérité et propreté».

3. - zu dem Eber

Quai Saint-Nicolas. 24
Un échange de biens du 9 décembre 1298 entre le Chapitre de Saint-Pierre et le Couvent de Saint-Claire de Haguenau énumère entre autre l'étuve zu dem Eber40). Une vente de rente du 16 janvier 1341 nous dit que quatre maisons contiguës portaient la même désignation zu dem Eber41). Une nouvelle vente du 12 février 1344 précise que le bain est situé au-delà de la Bruche et touche à une boulangerie42). Lors d'une fondation d'un anniversaire, le 26 avril 1349, Husa, fille de feu Burckart Twinger, lègue au couvent Sainte-Elisabeth ses revenus de la moitié de l'étuve à savoir quatre livres deniers43). Elsa, fille de Burcard Hesse et femme de Jean de Hochfelden vend à Jean Blumenau des revenus annuels de quinze sols qu'elle possédait des quatre maisons zu dem Eber à côté de l'étuve du même nom, le 30 mars 135744). Un peu plus tard, le 24 janvier 1360, nous lisons dans un contrat de mariage que les revenus des quatre maisons précitées bei der Schintbrücke et à côté de l'étuve au Sanglier45). Le 20 septembre 1371 Henselin, fils de feu Petermann Rebestock, vend à Jean Schilt, écuyer, des revenus annuels des mêmes maisons sises près dudit bain46). Grâce à Seyboth nous savons que Henselin Bader était baigneur en 1384 et qu'en 1418, le mercredi avant Pentecôte (11 mai), les quatre maisons entre l'auberge au Gertenfisch, maison du coin, et l'étuve au Sanglier furent la proie des flammes47). Le livre des communaux de 1466 mentionne le forgeron Jean de Truchtersheim à l'étuve et une source non précisée par Seyboth le confirme encore en 1492. En 1528 le même auteur signale deux nouvelles maisons au Sanglier48).

4. - Glanzhof

Rue du Bain-aux-Plantes, 22
La mention la plus ancienne, en 1341, est fournie par Seyboth sans indication de source49), tandis que celle de 1344 se trouve dans une vente de vente du 16 octobre50). Des documents ultérieurs de 1409 et de 1470 fournissent une contribution à l'hygiène médiéval: il y a là un cabinet et un lavoir sur l'eau. En 1427 le baigneur est cité sans son nom, tandis qu'en 1440 l'aestuarium appartient à Barbara de Heiligenstein. En 1466 on inscrit étuve de Hans Erlin et du chevalier Bernbart Bock. En 1587 c'est Wilhelm Abel qui exerce la fonction de baigneur. Seyboth voyait encore le millésime de 1677 sur le linteau de la porte d'entrée51). A la fin du XVII°siècle on transforma l'installation en tannerie52). Le livre des communaux précise les mesures (f. 209) et les dépendances (f. 211 verso ).

5. - zum Grien ou Stubenweg

Rue d'Or, 21
Lors d'un arrangement d'héritage du 17 mars 1291 il est question pour la première fois de la cour du chevalier Erbo Stubenweg qui se trouvait à l'emplacement actuel de l'ENA et seulement dans un testament du 16 mai 1319 on situe l'étuve dite Stubenweg in deme giessen53), qui réapparaît dans Seyboth pour l'année 134754). La dénomination zu dem Grienen apparaît pour la première fois dans une fondation d'un anniversaire du 23 janvier 1302 et dans une donation du 24 mars 132955); c'est seulement dans une vente du 11 janvier 1360 que paraît une étuve de ce nom56). Reinbold Stubenweg, chevalier, loue au prêtre Jean de Pfettisheim une maison et une cour séparées de l'étuve par un mur le 24 juillet 136157) et le 11 juillet 1396 dame Sophie de Westhus, prieure de Sainte-Marguerite, vend au prieur des Chartreux des revenus annuels de propriétés qui touchent l'étuve zum Griene58). Le 17 février 1397 un incendie éclata dans l'établissement sans que nous connaissions les détails59).

6. - zum Hauer

Rue du Sanglier. 25
La première mention «zu dem Hauwart gegen der batstuben» apparaît dans une déposition faite par un Juif baptisé de Brisach60), la seconde «estuarium dictum zuo dent Hawarten» dans une fondation pieuse du 2 avril 135061) et 1361 ex opposito estuarii dicti zu dem Hawart 62). Nous retrouvons la même étuve dans un bail emphytéotique de 136063) et dans un testament de 136564) ainsi que dans une vente de rentes de 137165). Le livre des communaux (Allmendebuch) de 1466 signale cette étuve au f. 92 et encore celui de 1587.
Les premiers propriétaires étaient probablement les nobles qui ont laissé leur nom à cet établissement; ils figurent dans nos chartes dès l'année 1298. Etaient-ce eux qui ont fait sculpter le beau sanglier qui est tombé victime du bombardement de 1944? Seyboth donne l'année 1601 comme celle de son exécution66); nous souhaitons la remise en place de ce bas-relief puisque le double existe. Nous savons par ailleurs qu'en 1527 le damoiseau Jean de Matzenheim louait l'étuve pour six ans au baigneur Nicolas de Laufenburg, à charge pour celui-ci d'établir à ses propres frais deux bancs à ventouser et un troisième à l'usage des clients affligés de maladies contagieuses (Schelmenbank). La mort du propriétaire (1530) a dû rompre le bail puisque deux ans après, en 1532, un titre relatif à l'immeuble le désigne déjà comme ancienne étuve67).

7. - üf der Hofstatt

Rue Brûlée, 19
En 1293 les sources mentionnent une maison construite en pierres dans la cour du baigneur68). Dans un rachat de rentes du 27 février 1333 on situe cette étuve à côté de la porte de Saint-André et en face du cimetière de cette église69). Elle revient dans un achat de rentes du 3 février 1335 et dans un testament du 28 mars 1336, modifié en 1341, le propriétaire est nommé: le chevalier Burcard, fils de feu Henri de Mullenheim70). Une fondation d'un anniversaire du 23 septembre 1345 nous fait connaître le voisin71) et un bail emphytéotique du 11 juillet 1357 signale une cour contiguë au dit bain72). Une donation du 9 mai 1381 révèle que le nom Badestubengesselin est donné à la ruelle adjacente73). Une fondation d'un anniversaire du 8 février 1382 énumère des revenus dont une des propriétés voisines74). Un bail emphytéotique du 22 juillet 1390 parle de la maison de la dame Vougtlerin, où les membres de la confrérie des prêtres siègent, qu'elle est sise à côté de notre étuve75); cette demeure devint plus tard: Hus der Betteler Bruderschaft. Le bain appartenait en 1466 au seigneur Claus Marx et le valet de l'établissement s'appelait Andres76) . Le maître d'oeuvres de la ville obtient en 1528 l'ancienne étuve comme maison d'habitation.

8. - in der Krutenau

Rue de la Krutenau, n° ?
Le 17 février 1327 Conrad Zoller donne à la fabrique de la cathédrale une maison sise en Krutenau à côté de l'estuarium pour le repos de son âme et de celle de sa femme Ortruna77). Le 18 janvier 1363 nous trouvons déjà la désignation Badestubengesselin in der Grutenowe dans un bail emphytéotique78). Etuve et ruelle du nom figurent dans la description de Charles Schmidt sous le millésime de 1372 lors d'une donation de cinq livres et quatre schillings provenant de l'étuve précitée79). Conrad zu der Megede, fils, et sa femme Berthe née Wetzel lèguent aux chevaliers de Saint-Jean, le 22 mai 1381, leurs biens meubles et immeubles pour le repos de leur âme; c'est dame Berthe qui possédait avant son mariage notre bain80). Ch. Schmidt mentionne cet établissement encore en 1405 et 1455. L'Allemendbuch de 1466 spécifie que le maître-baigneur dispose des marches de quatre pieds le long et d'un pied sur la chaussée du communal dont il paye la taxe de 1 schilling (f. 267).

9. - unter Kürschnern

Rue Sainte-Hélène, 14
Un règlement de succession du 15 mars 1316 fournit la première mention de ce bain public81). Metza, veuve de Conrad Schidelin cède au béguinage Schidelerin, sis derrière la loge des pelletiers et en face de l'étuve ses revenus82). Un achat de rentes du 11 octobre 1330 parle de notre établissement83). La fondation d'une prébende du 28 mars 1342 nous donne le nom du propriétaire: Jean Kupfermann84). Cuntzelin Blumenau confirme, le 12 novembre 1358, que son père Jean a légué jadis à la fabrique de la cathédrale des biens dont une maison sise en face de notre étuve85). Cuntzelin renouvelle le don pour le repos de son âme le 4 novembre 135986). Une donation de dame Sophie de Sarburg, femme de Wilhelm Gurteler, faite au Phynenspital, énumère l'étuve «entre pelletiers» le 18 août 137387). Quelque temps plus tard, le 28 juillet 1376, demoiselle Dyna Merswin lègue aux Frères Prêcheurs (Dominicains) toute sa fortune pour le repos de son âme; une partie des revenus doit parvenir aux béguines du Merswin Gotzhus à côté de notre estuarium 88) . Le registre des communaux de 1466 nomme le baigneur Wisshensel et fixe son dû à huit schillings (f. 113 v°). Seyboth connaît le tenancier de 1492: Symunt et le changement de nom en St. Barbelnbad pour 154489); dans l'édition française il nous raconte que le dernier baigneur, Jean Edel, vendit en 1546 aux Ingolt, déjà propriétaires du tenant et de l'aboutissant90).

10. - Bain des Lépreux

Rue des Bonnes-Gens
Primitivement, c'est-à-dire au Haut Moyen Age, l'autorité municipale isolait les personnes atteintes de la lèpre, en les fixant dans un enclos d'une rue adjacente au Faubourg de Pierre. Dès le début du XIV° siècle nous les trouvons plus loin de l'enceinte de la ville, sur le terrain de la commune actuelle de Schiltigheim. La chapelle de la léproserie était certainement couverte de tuiles rouges d'où la désignation de Rote Kirche, Eglise Rouge. Et dans le premier et dans le second établissement fonctionnait une installation de bains pour soigner ces malades91). Aujourd'hui le cimetière de Sainte-Hélène occupe l'ancien emplacement du refuge des «Bonnes-Gens».

11. - zum Merisot,

Rue Sainte-Barbe, 2
Dès 1244, les sources signalent une maison zum Merisot, qui varie son orthographe en Merensod en 1275, en Mersal en 1376 et en Mersod en 1453. La dénomination première équivaut souvent celle de Siebenmannsgasse ou rue des Sept-Hommes. On cite parfois une fontaine au Merisol devant l'étuve du même nom. Il est probable qu'on ait tôt supprimé cette étuve, car en 1330 elle est dite Alte Badebube et le registre des communaux de 1466 signale une maison à deux portes; en 1561, le docteur Sebald Hohenreitter, médecin de la ville, y habite, puis, en 1587, le docteur Sebald Hawenreutter et enfin, en 1682, le docteur Albert Sebitins. Edel, fondeur de cloches, acheta la double maison, où les millésimes de 1531 et 1603 subsistent et où une belle fontaine gothique ornait la cour intérieure. Un moment, à partir de 1566, le numéro actuel l était propriété de la confrérie des compagnons des tailleurs92). II reste à signaler que dans cette maison, numéro 2, A. Jung a fait fonctionner un établissement qui livrait eau chaude, tonnelets et baignoire à domicile à partir de 1837.

12. zu dem Mühlstein

Rue du Dragon, 12
Marguerite, veuve de Walter Sehzigmarke, et ses enfants Walter, Rodolphe et Marguerite vendent à Truttatorio, porteur de lettres, et à sa femme originaire de Colmar, une maison au delà de la Bruche (Ill) en face de l'estuarium zuo dem Mulensteine le 16 juin 128993). Au commencement de l'année 1301, l'official des évêques de Strasbourg transfère un revenu des religieuses de Sainte-Catherine de la maison zum Barle, à valeur égale, à une maison sise à côté du bain zum Mühlstein94). Maître Jean de Brandenburg, chanoine de Saint-Pierre, donne à la fabrique de la cathédrale trente marcs d'argent, le 18 mai 1315, et dans la spécification des biens d'où provient cet argent est cité un immeuble à côté du bain zuom Mülsteine95). A. Seyboth, sans indiquer ses sources, signale cet établissement encore en 1395 et 1468 96).

13. Reiffbad

Quai Finkmatt, ancien 11
La première mention de cette étuve sonne fort romantique:Badestube mit Summerhus uf der Landfeste (1408). Le tenancier a donc utilisé le site pour y ériger une gloriette et sur le rempart les clients ont dû se faire brunir au soleil, après le bain et le massage. Encore en 1420 et en 1427, le chroniqueur signale cet état de choses. Le registre des communaux de l'année 1466 nomme les propriétaires: Claus et Matheus Marx, qui renouvellent la landfeste mesurant 50 pieds de long et 6 pieds de large. II y a également un lavoir, un cabinet d'aisance et un puits. Il doit à la ville pour la jouissance sept livres et dix schillings (f. 25-1 v°). En 1574, Simon Gessler est baigneur, et en 1587 Martin Sick; en 1620, Jean Schneeweiss exerce le métier et en 1637, Michel de Hipsheim. Durant les XV° et XVI° siècles, on remarque que ce bain est accessible aux deux sexes, tandis qu'au XVII° siècle il est réservé aux femmes. Entre 1838 et 1846 l'établissement fut démoli97).

14. - Rintburgertor

am Hohen Steg - Rue de la petite Boucherie, 29
Le nom de cette ancienne porte provient de l'usage de conduire les boeufs par là dans la banlieue. En 1321, on remplaça cette issue par le Pfenigturm (Tour aux Pfennigs) pour y conserver les deniers publiques et les chartes précieuses (archives). En 1366, nous trouvons pour la première fois dans les documents l'existence d'une étuve dans ce quartier98); elle revient en 1401 et en 140799). Le gérant de l'entreprise en 1466 s'appelle Andress comme nous révèle le registre des communaux (f. 179.); il y fonctionne encore en 1485 d'après A. Seyboth. N'oublions pas qu'en 1407, le chapelain des lépreux de l'Eglise Rouge touchait quinze pfennigs ewiges gelts chaque année de notre étuve100). La longue liste des baigneurs ne nous livre que le nom de Mathieu Obrecht, propriétaire en 1525101).

15. Rosenbad

Rue des Bains-aux-Roses. 2
La rue qui longe la façade orientale du Château doit son nom à un ancien bain public qui s'élevait sur l'emplacement du n°2, et qui figure de 1350 à 1750 sous le nom de Bains-aux-Roses et de maison Au Rosier102). Le registre des communaux de 1427 signale cette Badestube et celui de 1466 dit que le baigneur Ulrich a érigé une latrine en pierre qui donne sur le communal et qu'il doit à la ville deux livres pour ce cabinet et deux schilling pour la marche d'accès (f. 51). Après une reconstruction de l'établissement en 1574, nous le retrouvons dans l'Allmendbuch de 1587 et Seyboth rapporte qu'en 1756 on parle de l'ancien Bain-aux-Roses103). Le même nom apparaît dès 1860 pour l'immeuble au n° 2 rue des Ecrivains et a survécu à la première et à la deuxième guerre mondiale.

16. - Speierbad

Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, 15
Les données concernant l'historique de cette maison de bains sont plutôt maigres. Le 17 septembre 1369, le tonnelier Diemar Apt, de Kalthouse, et sa femme Dina, vendent une maison et dépendances, sises en face de l'étuve bi Bischoff burgetor, à Claus Siber, de Putelange104) et, le 17 septembree 1369, Frédéric de Pfaffenhoffen, recteur de l'église paroissiale dite Eglise Rouge, fonde une prébende perpétuelle sur l'autel Saint-Jean et Sainte Elisabeth dans la chapelle Sainte-Catherine de la cathédrale; afin que le prêtre désigné puisse célébrer quotidiennement une messe sur cet autel, on lui assure des revenus dont une maison et une cour sises à côté de ladite étuve105). L'écuyer Jean Schoene Mansze et sa femme Adelheidis cèdent au messager municipal Jean Bitsche et à sa femme Adelheidis des revenus annuels qui proviennent entre autres de l'étuve citée106).
C'est en 1407 seulement que nous rencontrons le terme de ce bain public «Zum Roche» (ce qui voudrait dire odeur ou parfum?); en 1556, une nouvelle appellation apparaît dans les documents, probablement à la suite de la dénomination de la porte «Spierthor» qui se trouvait à proximité. A. Seyboth ne voudrait pas dériver ce nom de la ville de Spire, mais du vocable signifiant haute tour ou flèche (en anglais: spire) qui survivrait dans le mot strasbourgeois «Spierel» pour désigner les hirondelles de clocher.
En 1466, un nommé Oswalt fonctionne comme baigneur, au registre des communaux (fol. 184). Suivant lui, Samuel Vogelmann dirige les bains en 1575, et Ulrich Bischoff exerce le métier en 1587.
Nous connaissons un baigneur de 1656, Mathias Specht, de 1765, Geoffroi Claus, et le dernier étuviste de 1789 J.E. Kuntz. Au lendemain de la Révolution, en 1794, le chirurgien Schwartz y loge. Le nom de Bains de Spire persiste après 1750 et on les agrandit en 1788, mais en 1850, suivant la mode de l'époque, nous lisons: «Bains de vapeurs russes »107).

17. - zu der Spizzen (Spitzen)

Petite-rue-des-Dentelles,5
La Petite et la Grande-rue-des-Dentelles doivent leur nom au promontoir (Spitze ou exactement Landspitze) qu'elles formaient à l'angle du canal de navigation et du fossé des tanneurs. Dès 1233 apparaît la désignation Vicus zu der Spizzen, c'est-à-dire rue de la Pointe dont on a fait plus tard rue des Dentelles (Spitzengasse). L'immeuble n°5 comportait au début du XIVe siècle deux maisons contiguës: un béguinage (Gotzhus zu der Skizzen) et une étuve (Badestube zu der Spizzen); cette dernière figure dans tous les registres des communaux; en 1466 le tenancier, Sebastien Gürteler, est mentionné; il a construit une latrine et verse deux livres et neuf schillings de taxe (f. 143 v°). Antérieurement, dans une vente du 25 mars 1339. il est question d'une maison sise à côté de l'étuve108). La même maison zu dem Harrer réapparaît à côté de notre bain, le 6 novembre 1345, quand Nesa, femme de Petrus Rebestog, lègue aux Frères Mineurs des revenus pour le repos de son âme et de celle de son époux109). Lorsque ladite maison change de propriétaire, le 22 janvier 1376, le scribe spécifie à côté de l'étuve110). Le 8 août 1388, Ulricus an dem Berge vend à Heintzmann Tuchscherer une cour et une maison à côté de notre bain111). Claus von Lore, maître de l'Oeuvre Notre-Dame, règle un différend entre Ullin de Haguenau et Hansemann Rinouwen gessesen in der badestuben zuo der Spitzen, le 4 juillet 1390112). Le même établissement figure dans une vente du 26 mars 1393 du tonnelier Heintzman Noppenowe à Ullin d'une maison sise en face de l'étuve113). Nous retrouvons l'immeuble dans les registres de 1427 et 1466, encore en 1479114). En 1752, la maison fut reconstruite par un certain Jean Resch qui y fit graver la date et ses initiales. Avant la Révolution, la famille Mühlberger y exploitait une tannerie115).

18. - zum Stanck

Impasse des Tonneliers, 10-12
Seyboth signale cette étuve dès 1315, mais le document le plus ancien, un bail emphytéotique du 9 décembre 1317, fournit une donnée sûre116), et un acte de vente du 19 novembre 1322, nous fait connaître le nom du proprié taire: Brandeck117). Le baigneur Albert de Gengenbach et sa femme EIse reçoivent en emphytéose, le 25 octobre 1347, la Brandeck et ses appartenances sises dans la rue des Tonneliers contre un cens dominical de sept deniers, à verser tous les dimanches118). Le 19 et le 20 août 1349, Demuodis, fille de feu Jean Zengelin, lègue un immeuble en contrebas de l'étuve au monastère de Sainte-Catherine hors les murs119). Le bain est encore mentionné dans une emphytéose du 14 mai 137120) et dans une donation pieuse du 23 février 1373 où le scribe précise «derrière l'étal des bouchers»121). Une vente d'une rente, du 4 octobre 1374, nous apprend que le voisin zum Stancke s'appelle Zengelerin122) et l'autre les héritiers de Wygand, comme il ressort d'une sentence du 1er juin 1387123). Au XV° siècle, Seyboth nous signale l'étuve pour l'année 1406 et 1423 (p. 127) sans indication de source, mais nous relevons un document pour la dernière année: une donation124). L'impasse des Tonneliers était encore au début du XV° siècle ein Almendgesselin, derrière la Mauresse comme Seyboth le relève125) et c'est le nom de l'étuve qui lui laissa le nom deStanckgesselin; puisque l'impasse était un moment donné entre les mains des particuliers, on la ferma et elle n'eut pas de nom propre avant 1858 et prit à ce moment-là le nom de rue de l'Étal. La dernière mention de notre établissement figure dans le Allmendbuch de 1466, f. 5.

19. -- Sankt-Thoman im Winckel

rue Saint-Louis, 4
Seyboth indique la date la plus reculée de 1393 (p. 175), mais nous apprenons que lors d'un différend entre l'administration et la gestion de la Douane, le Magistrat interdit en 1405 le bain dans la Douane126). Les deux registres du communal de 1427 et 1466 mentionnent évidemment notre étuve et le maître-baigneur Oswalt. Signalons en passant aussi les «Allmendbrunnen» dès 1310. En 1466, le contrôleur spécifie le puits et la petite cour de trente pieds au carré et indique les redevances: deux livres pfennig (f. 215). Le puits a été rempli au début du XIX° siècle.

20. - Under Wagnern

Impasse Sainte-Barbe ?
Malgré les mentions précises, nous ne pouvons localiser exactement cette maison. Le 30 mai 1316, Jean Stamph vend à Conrad Smultz, les deux bourgeois de Strasbourg, un cens annuel de six livres deniers provenant d'une étuve et d'une cour sises dans la paroisse Sainte-Aurélie127). Le même Conrad Smultz de Brunsebach rédige son testament le 29 décembre 1320; par cet instrument, il lègue à la fabrique de l'Eglise de Strasbourg et de Saint-Thomas tous les droits qu'il a sur l'étuve près des Augustins, entre le chevalier Howemesser et la dame Helfland128). Un des voisins a changé, puisque la vente du 27 avril 1331 spécifie qu'elle est située entre le boulanger Nicolas de Geispolsheim et le chevalier Stehelin Howemesser (Haumesser); elle rapporte 26 onces deniers par an129). Le 16 avril 1339, le prêtre Heimann de Noerdlingen, gestionnaire de la fabrique de l'Eglise de Strasbourg, loue en emphytéose inter currifices au baigneur Nicolas de Rhinau pour le cens hebdomadaire de 34 deniers strasbourgeois130). Le 27 janvier 1365, Nicolas de Bietenheim, et sa femme Dina, vendent une rente à l'abbesse et aux soeurs de Sainte-Claire-au-Werde: dans la spécification des immeubles on énumère une maison sise à côté du bain131). De même, dans une vente de rente du 23 novemhre 1377, pratiquée par Greda Erlin, veuve de Ruotscho de Limpberg, bourgeois de Colmar, au bénéfice de Jean Swenninger, bourgeois de Strasbourg, il est question d'une propriété sise près du bain et du puits132). Une dernière mention se trouve dans Seyboth, p. 279, pour l'année 1412, mais sans indication de source.

21. - Uf denn WERDE

rue de la Courtine des Juifs?
Quoique la charte du 25 mars 1246 soit formelle: Maître et Sénat donnent une tour près Saint-Etienne y compris la terre attenante à un chanoine de Spire en emphytéose, nous ne savons rien de plus que cette étuve était située près de la porte du Nord-Est de la ville133). Une emphytéose accordée le 6 avril 1289 par les religieuse de Saint-François au boulanger Conrad Lintgries et à sa femme Junta situe la boulangerie à côté de notre établissement de bains134). Une mention analogue se trouve dans une emphytéose fixée le 22 juin 1283 entre dame Salegut Riuse et Gerhart Smydin et sa femme Helwig: l'immeuble en question touche au fossé «près l'étuve»135). Il faut ajouter ici qu'un testament de 1289 nous révèle qu'à côté de cet établissement il y avait une picina qu'il faut traduire par «vivier»136). Nous ignorons où Seyboth (p. 252) a puisé le seul renseignement concernant cette Badstube vendue à Sainte-Claire en 1300, si ce n'est la vente du 6 mai 1300, suivant laquelle soeur Agnès, abbesse de l'ordre de Saint-François, dans le monastère Sainte-Claire, cède aux religieuses du même ordre le quart de l'étuve située près du monastère uf denn Werde137).
Charles Wittmer
Cahiers Alsaciens d'Art et d'Histoire (CAAH) n°5 (1961)



1) édité par Keller, Zurich, 1844, et Hans Reinhardt, Der St. Galler Klosterplan, St. Gallen, 1952
2) Postill, Strassburg, 1522. p. 24 bis
3) Glos und Comment auf achtzig Artikel, dans Archiv für österreichische Geschichte, Wien, 1859, p. 136
4) Geiler v. Kaysersberg, Von den 15 Staffeln , Strassburg, 1517, f. 35
5) Otto Neeracker, Bader und Badewesen in der Stadt Basel und die von Baslern besuchten Badeorte, Inaugural Dissertation, Stetten-Basel, 1933, p. 8
6) Mandats et règlements, t.24, f, 23 a - 23 c
7) Jacques Hatt, Strasbourg au XV° siècle, Strasbourg, 1929, p. 346
8) cf. Narrenschiff, Strassburg. 1520, p. 48
9) Allmendbuch, fol. 308 v.
10) Mandats et règlements, t. 34, f. 34-37
11) Karl Sudhoff est parti de cette donnée et s'est penché sur les calendriers: Lasstafelkunst in Drucken des 15. Jahrhunderts, dans Archiv für Geschichte der Medizin I ( 1908), p. 219-288
12) Alfred Martin, Deutsches Badewesen in vergangenen Tagen, Jena, 1906, p. 70 et suiv.
13) O. Neeracher, op. cit, p. 17
14) Mandats et règlements, t. 28 fol. 237
15) Narrenchiff, Strassburg, 1520, p. 48
16) Liber de arte distillandi, Strassburg, 1500, p. 41
17) J. C. Brucker, Strassburger Zunft- und Polizeiverordnungen des 14. und 15. Jahrhunderts, Strassburg 1889, p. 506
18) Les bains à travers les âges, Paris 1925
19) Bader, Scherer, Chirurgien, Hebammen und Apotheker im alten Luzern 1300---1798, Dissertation 1931
20) Bader und Badewesen in der Stadt Basel und die von Baslern besuchten Badeorte, Dissertation 1933
21) L. Pfleger, Kirchengeschichte der Stadt Strassburg im Mittelalter, Colmar 1941, p. 185-190
22) (Mandats et règlements), t. 2. f. 120-123; édité par Brucker (op. cit., p. 82-85)
23) Collectanea, § 1942
24) Chronicon, § 2958
25) Les travaux les plus récents: René Burgun, La syphilis à Strasbourg aux XVe et XVIe siècles, dans Etudes alsaciennes, Strasbourg, 1947, p. 63-102 et Ernest Wickersheimer, Les débuts à Strasbourg de l'hospitalisation des syphilitiques, dans Scalpel n° 10 du 5 mars 1960
26) nous citons d'après une édition ultérieure d'Amsterdam de 1628, p. 173
27) W. Devrient, Schlenzkur und Sauna in der Praxis, Berlin, 1942, p. 10
28) Urkundenbuch der Stadt Strassburg, t. III, Strassburg (1884), p. 155
29) Kindler von Knobloch, Das goldene Buch der Stadt Strassburg, Wien, 1886, p. 343-345
30) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, Strassburg, 1890, p. 249.
31) UBStr., Vil, Strassburg 1900, p. 154
32) Archives municipales: N 25, fol. 96 verso
33) Ad. Seyboth, Strasbourg historique, Strasbourg, 1894. p. 671
34) UBStr. VII, p. 727.
35) UBStr. VII, p. 768.
36) Archives municipales: Allmendbuch de 1466, fol. 151 verso.
37) Archives municipales: N 26 fol. 46.
38) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p. 113.
39) Ad. Seyboth, Strasbourg historique, p. 489.
40) UBStr. III, p. 123.
41) UBStr. VII. p. 81.
42) UBStr. VII. p. 120.
43) UBStr. VII p. 172-173.
44) UBStr. VII. p. 244.
45) UBStr. VII. p. 282.
46) UBStr. VII. p. 431.
47) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg. p. 183.
48) Ibidem.
49) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg. p. 96.
50) UBStr. VII p. 129.
51) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg. p. 96.
52) UBStr. III, p. 82.
53) UBStr. III. p. 277.
54) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p. 190.
55) UBStr. III, p. 146 et 370.
56) UBStr. VII. p. 280
57) UBStr. VII. p. 298.
58) UBStr. VII. p. 808.
59) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg. p. 190 et Koenigshoeven (éd. Hegel), p. 574.
60) UBStr. V, p. 178.
61) UBStr. VII p. 183.
62) UBStr. VII. p. 299
63) UBStr. VII. p. 284.
64) UBStr. VII, p. 351.
65) UBStr. VII, p. 422.
66) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p. 37.
67) Ad. Seyboth, Strasbourg historique, p. 278.
68) Ch. Schmidt, Strassburger Gassen- und Häusernamen im Mittelalter, 2° édition. 1888, p. 176.
69) UBStr. VII, p. 8.
70) UBStr. VII. p. 27 et p. 40
71) UBStr. VII, p. 138.
72) UBStr. VII. p. 247.
73) UBStr. VII, p. 569
74) UBStr. VII. p. 586.
75) UBStr. VII, p. 722.
76) Livre des communaux, f. 89-90
77) UBStr. VII, p. 347.
78) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p.230, et UBStr. VII, p. 315.
79) Ch. Schmidt, op. cit., p. 33 et UBStr. VII, p. 444.
80) UBStr. VII, p. 570.
81) UBStr. III, p. 250
82) UBStr. III, p. 302.
83) UBStr. III, p. 93.
84) UBStr. VII, p. 93.
85) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p. 69, et UBStr. VII, p. 264.
86) UBStr. VIII, p. 277.
87) UBStr. VII, p. 462.
88) UBStr. VII, p. 506.
89) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p. 69.
90) Ad. Seyboth, Strasbourg historique, p. 393.
91) Charles Wittmer, L'Obituaire de l'Eglise rouge dans Archives de l'Eglise d'Alsace, N.S.I. (1946) p. 87-181.
92) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p. 71 et Strasbourg historique. p. 395. p. 399.
93) UBStr. III. p.74.
94) UBStr. III. p.145.
95) UBStr. III. p. 245.
96) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p. 276.
97) Ad. Seyboth, das alte Strassburg, p. 253 et Strasbourg historique, p. 676.
98) UBStr. VII. p. 357.
99) Ad. Seyboth, Das alte Strassburge p.2.
100) J.C. Brücker, Strassburger Zunft- und Polizevnerordnungen des I4. und 15. Jahrhunderts, Strassburg, 1889. p 69.
101) Ad. Seyboth, Strasbourg historique, p. 15.
102) Ad. Seyboth, Strasbourg historique, p. 576.
103) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p. 239.
104) UBStr. VII, p. 402 n° 1380.
105) UBStr. VII, p. 402 n° 1381.
106) UBStr. VII, p. 657.
107) Ad. Seyboth, Das alte Strassburg, p. 285
108) UBStr. VII, p. 65.
109) UBStr. VII, p. 139.
110) UBStr. VII, p. 495.
111) UBStr. VII, p. 685
112) UBStr. VII. p. 721.
113) UBStr. VII, p. 755.
114) Ch. Schmidt, op. cit., p. 165.
115) Ad. Seyboth, Strasbourg historique, p. 455.
116) UBStr. III, p. 266.
117) UBStr. III, p. 298.
118) UBstr. VII, p. 156.
119) UBStr. VII, p. 175.
120) UBStr. VII, p. 419.
121) UBStr. VII. p. 453.
122) UBStr. VII, p. 480.
123) UBStr. VII. p. 663.
124) UBStr. III. p. 99.
125) Ad. Seyboth, Strasbourg historique et pittoresque, p. 517
126) G. SCHMOLLER, Strassburg zur Zeit der Zunfkämpfe und die Reform seiner Verfassung und Verwaltung im 15. Jahrhundert, Strassburg. 1875. p. 97.
127) UBStr. III, p. 252.
128) UBStr. III. p. 287.
129) UBStr. III, p. 391.
130) UBStr. VII, p. 66.
131) UBStr. VII, p. 342.
132) UBStr. VII, p. 523.
133) UBStr. I, p. 328.
134) UBStr. III. p. 74.
135) UBStr. III, p. 55.
136) UBStr. III, p. 76.
137) UBStr. III, p. 134.
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