Après la réunion de l'Alsace à la France sous Louis
XIV en 1648, elle pris le pris le nom français de "Voie des Sauniers".
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Cette route a donné leur noms aux villages de Saulxures,
Saâles, la Salcée.
Toutefois, les noms en sa : la Salcée, Saâles,
la Sauce, La Sauture, pourraient avoir comme origine "un lieu planté
de saules" et pas obligatoirement le sel. 4
Pour 4 , cette Route du Sel ne passe
pas par le col du Hantz. Pour sa partie vosgienne, elle part du Rabodeau
prés d'Etival, monte vers le Grand Himbeaumont et arrive au
dessus de Saâles. Elle continue, en Alsace par une ligne de crêtes
et arrive à Sermersheim.
Le prolongement vers l'ouest de la partie Himbeaumont - Rabodeau donne
sur un ancien pont gaulois situé environ aux Chatelles en
amont de Raon l'Etape et si l'on poursuit la ligne de faîtes de la
rive gauche de la Meurthe, on arrive à Xermamenil (prononcer
Sermamenil selon 4,
Xermamenil selon 5)
Pour se rendre en Alsace (Saâles) depuis Moyenmoutier, l'utilisation
de cette route crée un détour de plus de cinq kilomètres,
ce qui n 'était pas négligeable quand on marche à
pied. En réalité la Route des Saulniers aurait plutôt
été la route joignant Moyenmoutier à Saâles
par la Chapelle, le Palon, le ban de Sapt. 4
Depuis le XVIIe siècle, cette route est fréquemment
mentionnée sous le nom de Strata Sarmatorum, la route des
Sarmates.
Cette appelation a-t-elle rapport avec les Sarmates, qui sont
un peuple qui habitait à peu près l'Ukraine actuelle, dont
la puissance fut détruite lors de l'avancée des Goths au
cours du troisième siècle de notre ère? Le fait est
que les Sarmates n'étaient pas tout à fait des inconnus dans
la Gaule romaine, car à l'instar d'autres barbares ils servaient
de corps pour garder les grandes voies romaines. On peut expliquer ainsi
le nom de certaines localités qui semblent rappeler qu'une colonie
de Sarmates y avait séjourné autrefois, par exemple Salmaise
en Côte d'Or, Sermaise dans la Nièvre ou Sermaize dans la
Marne. Y auraitil eu une colonie analogue pour garder la Route du
sel? Il ne semble pas que cette hypothèse soit la bonne.
En fait1, la confusion entre Strata
Salinatorum et Strata Sarmatorum trouve son origine dans un
diplôme du haut Moyen Âge concernant une prétendue charte
que le roi franc d'Austrasie, Childéric II (653-673) aurait octroyé
en 661 à l'abbaye de Senones.
En réalité, il s'agit d'un faux fabriqué au cours
du XIIe siècle, sans doute pour légitimer après
coup, sur la base d'un texte ancien, les droits de cette abbaye. Cette
charte définit les limites et les confins du monastère de
Senones, l'une de ces frontières étant la strata salinatorum:
Ce que l'on sait, c'est que la copie date de 1628, mais l'auteur reste inconnu. A la vérité ce genre de mauvaise lecture n'était pas rare, comme on peut s'en convaincre en consultant le Manuel de critique verbale de Louis Havet. Tout comme le copiste incriminé ici a lu Strata Sarmatorum (route des sarmates) au lieu de Strata Salinorum (route des sauniers), d'autres copistes ont par exemple confondu ludens (joueur) et judeus (juif). La lecture défaillante pouvait ne pas passer pour invraisemblable, étant donné que, comme nous l'avons dit, les Sarmates formaient vers la fin de l'Empire romain, un corps d'auxiliaires pour garder les voies romaines. Cependant, au lieu de se référer au diplôme original du XIIe siècle, les historiens postérieurs se sont fiés à la copie vicieuse du copiste du XVIIe siècle. C'est ainsi qu'est née la légende de la route des Sarmates qui désignerait la Route du Sel ayant traversé autrefois le Val de Villé.
Pourquoi ou comment cette erreur de lecture a-t-elle pu se faire ? Il faut l'imputer au type d'écriture du XIIe siècle, dérivée de l'onciale c'est-à-dire à la manière de former en bâtons certaines lettres:
On peut se rendre compte ainsi que la méprise du copiste était
possible, surtout si celui-ci venait de reproduire auparavant ce
qui n'est qu'une hypothèse un autre document où il
était question des Sarmates.
En conclusion, la seule chose sûre, c'est que la voie des Sauniers
existait au XIIe siècle, quand ce faux diplôme
fut rédigé. La route des Sarmates n'est qu'une fausse dénomination,
due à une mauvaise lecture d'un copiste du XVIIe siècle.
Il est vrai que des corruptions de noms ont eut lieu au Moyen Âge.
Les plus fréquentes sont dûes à la romanisation
de termes germaniques: FROWARD au nord de Nancy est devenu FROUARD, DIEULWARD
est devenu DIEULOUARD, BELWARD prés de Raon l'Étape est passé
par BELRUARD puis est devenu BEAUREGARD. 4
1) Julien FREUND
Annuaire de la Société d'Histoire du Val de Villé
nº 3 (1978) 65
2) André Grandjean , ancien Maire de Saâles,
Histoire de Saâles , Monographie (Mars 1967)
3) Le Ban de la Roche au temps des seigneurs de Rathsamhausen
et de Veldenz
Denis Leypold, Librairie Oberlin (1989)
4) Jean-François MICHEL Jean-francois@michel.com
3 rue de Lattre de Tassigny, F 88230 Fraize (France)
La prononciation du x de Xermaménil a évolué au fil des temps.
Dom Calmet vers 1730 donne aux X en début de mot une prononciation
qui varie de S à Sch en passant par Ch et qui a pu varier
d'un lieu ou d'une époque à l'autre.
Quelques exemples au hasard:
Avant la révolution le Saintois et le Xaintois étaient la même contrée,
on prononcait S;
Xures à côté de lunLville s'écrivait Schures
Un relevé fait vers 1880-90 par des chercheurs de Nancy donne environ 130
versions de patois Lorrain, qui ont surtout comme variantes
différences de prononciationn
5)Marie-Ange Redon maredon@free.fr
| Pierre JUILLOT
I.P.H.C Strasbourg |